Inauguration du premier musée consacré à Alexandre Soljenitsyne

Cécile Mazin - 20.04.2015

Edition - International - musée auteur - Russie Soljenitsyne - hommage écrivain


Haï du régime communiste, voici quelques années que l'écrivain Alexandre Soljenitsyne vit une réhabilitation progressive. Sa veuve, Natalya, était parvenue à publier en août 2009, un ouvrage inédit, et quelques semaines plus tard, Moscou lui consacrait une exposition. Désormais, c'est un musée qui va s'ouvrir, entièrement consacré au romancier. 

 

 

Aleksandr Isayevich Solzhenitsyn, painted portrait DDC_7680.JPG

(thierry ehrmann, CC BY 2.0) 

 

 

Célébré pour avoir dépeint l'atrocité des camps soviétiques, Alexandre Soljenitsyne disposera de son propre musée, qui ouvrira ses portes à la fin du mois, à Kislovodsk, dans le Caucase russe. Ce sera le premier lieu à lui être consacré, portant tant sur son travail que sur sa vie, explique Alexander Podolski, responsable de l'endroit.

 

Inauguré ce 26 avril, le musée s'installera sur deux étages, dans un bâtiment ayant appartenu à sa tante, qui fut transformé avec le temps en sanatorium, puis en restaurant collectif. L'auteur y passa quatre années, durant son enfance, entre 1920 et 1924. 

 

Trois grands écrans proposeront d'agrémenter la visite d'éléments interactifs, le tout accompagné de tablettes, pour servir de guides visuels. L'ensemble vivra au son de la voix de Soljenitsyne. 

 

Condamné à huit années de prison pour ses critiques contre Staline, formulées dans une lettre qu'avait interceptée la police politique, l'auteur avait raconté l'ensemble de sa terrible expérience. Prix Nobel de littérature en 1970, il avait acquis une notoriété internationale pour avoir critiqué le totalitarisme communiste. Il s'était également montré très virulent contre la vision orthodoxe conservatrice ou la société de consommation.

 

En avril 2008, l'auteur avait reçu la visite de l'ambassadeur américain, William Burns. Il lui avait confié : « Sous Poutine, la nation a redécouvert ce que signifiait qu'être russe, pensait Soljenitsyne. »

 

Que l'on ne s'y trompe pas : si le philosophe contestataire approuve le comportement de Poutine, Soljenitsyne n'était pas complètement dupe, et il déplorait que ce dernier ait agrandi le fossé entre les riches et les pauvres. De même, il déplorait la décision de supprimer le système d'élection des gouverneurs en Russie — qui désormais sont nommés. 

 

L'idée du musée est survenue à la mort de l'écrivain, en août 2008, à l'âge de 90 ans.