Incendie à la BnF : la santé et de la sécurité des agents en question

Julien Helmlinger - 07.08.2013

Edition - Bibliothèques - Incendie - BnF - Site Richelieu


Suite au sinistre, hier, la direction de la BnF a convoqué un CHSCT exceptionnel dont le syndicat FSU a publié son compte-rendu, détail des circonstances et commentaires des divers intervenants à l'appui. L'alerte, pour un feu de toiture sur le site en désamiantage a été donnée par un riverain du quartier qui a senti une odeur de brûlé. L'opération qui s'en est suivie a mobilisé 120 pompiers et 30 véhicules. Les flammes ont endommagé une centaine de mètres carrés avant d'être éteintes deux heures après le déclenchement du dispositif de secours, à 7h48.

 

 

 Flickr (CC by 2.0)

 

 

Selon le compte-rendu, « le feu se serait déclaré sur un moteur électrique resté sous tension, servant à traiter en dépression d'air une zone confinée pour désamiantage et se serait propagé à un monte-charge extérieur, à des poutres de la charpente et sur les deux moteurs et filtres servant à maintenir la dépression du chantier (systèmes déprimogènes). Une zone d'une surface totale de 100 m², incluant le débardage du toit, a été touchée ».

 

Ce chantier de désamiantage dans la zone 1 était terminé depuis vendredi soir et en phase de levée de réserves avant démontage total en vue de la libération des lieux. Il y aurait désormais peu de risque de contamination par l'amiante, et pas de risque de propagation d'amiante dans la zone 2 en activité, relativement éloignée et protégée par le mur coupe-feu.

 

Les résultats concrets des analyses sont toutefois très attendus. Et d'autant plus que, selon FSU : « Les tenues des sapeurs-pompiers qui sont intervenus dans la zone confinée (une demi-douzaine) ont été envoyées pour 'décontamination' par mesure de précaution ; ils étaient protégés par des appareils respiratoires étanches. »

 

Les syndicats, FSU comme CGT, rappellent leurs inquiétudes et alertes régulièrement manifestées depuis le début des travaux : notamment en ce qui concerne la dangerosité du chantier pour les collections, personnels et ouvriers, comme les bâtiments. Les syndicats se questionnent sur l'absence d'alerte interne à la zone en chantier ni de détection, tandis que des assurances pour de tels dispositifs de surveillance leur auraient été données par la direction de la BnF.

 

Le directeur du DMT, invoque quant à lui un chantier répondant aux normes et exigences de la Commission de sécurité. Celle-ci ayant donné son aval lors du lancement du programme et le feu vert de la Préfecture de police ayant examiné le dossier déposé. Le chantier de la BnF répondait donc aux règles strictes en matière de sécurité. 

 

Pour FSU, le site a « eu chaud », et que des questions resteront à éclaircir lors du CHSCT prévu début octobre. L'organisation requiert la présence de l'OPPIC et du coordinateur sécurité du chantier (CSPS), et qu'un moratoire soit imposé sur le chantier en attendant ces réponses, et les solutions à mettre en oeuvre.

 

Ci-dessous, la CGT y est allée de son courrier à la ministre de la Culture. 

Madame la ministre, la mise en danger des collections, des personnels de la BnF et desouvriers intervenant sur le site nécessite, d'une part, plus de transparence de l'Oppic quant au déroulement des travaux, mais aussi un rappel à l'ordre des prérogatives du CHSCT de la BnF, et d'autre part, un renforcement des mesures de sécurité et la mobilisation de moyens humains et financiers supplémentaires pour terminer au plus tôtun chantier qui s'enlise inexorablement.
Il s'agit de la santé et de la sécurité des agents, et de la sûreté de collections qui font de la BnF une des plus importantes bibliothèquesnationales au monde.

 

 

  INCENDIE A LA BnF LA CGT ÉCRIT A LA MINISTRE ET POINTE DE GRAVES DYSFONCTIONNEMENTS.pdf by ActuaLitté