Inde : les librairies ont besoin de se réinventer pour survivre

Clément Solym - 03.07.2012

Edition - Economie - Inde - livres numériques - internet


C'est un impératif qui se généralise dans le monde entier : la librairie, évoluant dans un monde numérique, a besoin de se « réinventer », explique VK Karthika, éditrice et directrice de HarperCollins Inde. « Les détaillants doivent se redéfinir, et même se réinventer, pour rester dans le jeu », assure-t-elle dans un entretien accordé à The Hindu.



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La vente d'ouvrages en ligne est en effet à l'ordre du jour pour toutes les maisons basées en Inde, alors que le net prend, comme partout dans le monde, de plus en plus d'essor, et que les librairies traditionnelles font face à un concurrent qu'elles ne peuvent pas toucher. C'est en marge d'une manifestation universitaire que l'intéressée a expliquait qu'aujourd'hui, 25 % du chiffre d'affaires de sa maison était généré par les ventes en ligne.

 

« Les boutiques de détails représentent des lieux d'exposition, où vous pouvez voir et choisir les livres. Puis, vous rentrez chez vous, et commandez en ligne, ceux que vous avez repérés. C'est ce que tout le monde fait maintenant. » Un constat ni amer ni lourd ; simplement, il s'impose. Flipkart, Indibeam, Indiaplaza ou encore Amazon sont devenus autant de concurrents qui, depuis la toile, font du mal aux libraires.

 

D'ailleurs, Flipkart a même installé de nouveaux entrepôts de stockage dans différentes parties du monde. Ce qui n'augurerait rien de bon pour les libraires. L'établissement Crossword, la chaîne située à Bombay, a fermé trois boutiques, dans cette seule ville, note l'éditrice. Et l'exode, loin des librairies, ne semble pourtant pas affecter les autres commerces, qui parviennent à maintenir leurs clients réguliers. Cependant, les éditeurs doivent composer maintenant avec ces acteurs, et structurer leur marketing en fonction de ces nouvelles plateformes de vente.

 

Le conseil est d'autant plus vif, que de se réinventer, que les libraires n'ont jamais vraiment apporté leur soutien aux éditeurs, se plaint-elle. Rapidement, les revendeurs en ligne ont trouvé des créneaux négligés, s'y sont installés, pour commercialiser des oeuvres dont les libraires ne souhaitaient pas la présence dans leur boutique.

 

Et VK Karthika d'ajouter que, outre-Pacifique, les ventes en ligne pèsent maintenant pour 50 % du CA des livres - et l'éditrice d'HarperCollins prévoit maintenant de lancer, dans le courant du mois de juillet, août, une boutique en ligne pour répondre aux attentes des clients. Un mouvement précurseur, probablement, qui laisse présager un changement radical au cours des cinq prochaines années. 

 

Sur le net, les remises proposées menacent évidemment les boutiques physiques, et sur le long terme, impacter plus globalement le marché. Restera alors à concrétiser l'audience des lecteurs en numérique, qui représentent un public captif. Mais gare à ne pas plonger dans l'auto-édition, qui génère des déchets littéraires, qui ne sont filtrés ni par l'éditeur, ni les lecteurs. 




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