Inde : Salman Rushdie accuse la classe dirigeante de lâcheté

Clément Solym - 19.03.2012

Edition - International - Salman Rushdie - Dirigeants - Inde


Vendredi, Salman Rushdie a accusé le gouvernement indien et d'autres leaders politiques de ne pas défendre la liberté d'expression des artistes et intellectuels du pays face aux extrémistes islamistes.


Salman Rushdie s'exprimait alors qu'il était à une conférence organisée par le groupe de média India Today à New Delhi, sa première apparition en public depuis les menaces de mort dont il avait fait l'objet, le forçant à retirer sa participation au Salon de Jaïpur (notre actualitté)

 

 

 

Il n'a pas hésité à s'en prendre à Imran Khan, l'ancien joueur pakistanais de cricket devenu homme politique après sa retraite sportive, qui s'est retiré de la conférence après avoir appris que Rushdie y participait. 

 

Et Salman Rusdhie n'y est pas allé de main morte, accusant Imran Khan d'avoir conclu des accords avec l'armée et les mollahs pour atteindre les sommets politiques au Pakistan, le qualifiant de « dictateur en attente ».  

 

Salman a bien fait l'objet d'un boycott de la classe dirigeante. Plusieurs  hommes politiques ne se sont pas rendus à la conférence pour exprimer leur mécontentement, dont le ministre des finances Pranab Mukherjee et d'autres ministres principaux.

 

Mais Rushdie sait qu'il n'est pas seul. Depuis l'affaire de Jaïpur, la communauté internationale s'est indignée dans son ensemble contre la passivité du gouvernement indien pour garantir la liberté d'expression.

 

Une passivité expliquée par le fait que le Parti du Congrès, au pouvoir à New Delhi, souhaitait s'attirer les faveurs des électeurs musulmans lors d'un scrutin électoral tenu peu après le salon de Jaïpur, selon Rushdie. Il faut rappeler que l'ouvrage de l'écrivain britannique, Les Versets Sataniques, accusé de ne pas respecter l'Islam par les extrémistes, est toujours interdit en Inde.

 

Selon Salman Rushdie, l'Inde risque de perdre l'essentiel de ses libertés car ses leaders ne sont pas prêts à les défendre et l'absence des dirigeants du pays à la conférence constitue ainsi un bel exemple de lâcheté.

 

« Une propension glaçante à la violence est très réelle et se développe (en Inde) », a-t-il dit. « Dans une large mesure, les gens sont endormis et ne sont pas conscients de ce qui se passe. Vous devez vous réveiller ».