Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Inde : Un livre racontant les violences contre les femmes, censuré

Clément Solym - 04.02.2014

Edition - International - Inde - violences faites aux femmes - censure d'un livre


La femme politique indienne Brinda Karat, première à devenir membre du parti communiste, a également occupé le poste de secrétaire générale de l'AIDWA, association de défense des femmes, entre 1993 et 2004, puis sa vice-présidente. À l'occasion de la Foire du livre de Calcutta, elle est intervenue pour dénoncer l'annulation soudaine d'un livre qui relate les atrocités commises contre les femmes.

 

 

India - Agra - 012
mckaysavage, CC BY 2.0

 

 

Le Nari Nirjantan Pratirodh Mancha, Forum contre l'oppression des femmes, devait encadrer la sortie du livre Parajayee Nari, mais les organisateurs du Salon du livre de Calcutta ont décidé d'annuler ce lancement. Selon eux, des connotations politiques présentes dans le livre justifieraient leur geste.

 

« C'est antidémocratique. Ce malheureux incident montre clairement que le régime de Mamata Banerjee [NdR : femme politique de l'opposition], dans le Bengale-Occidental, est tyrannique. Il faut condamner ce bâillon que vivent les intellectuels », explique Brinda Karat. Et d'ajouter que, de mémoire, c'est la première fois qu'un livre est censuré de la sorte dans cette région de l'Inde.

 

« Je ne le comparerai pas [à d'autres incidents de la sorte] », explique-t-elle, avec dans l'idée d'autres campagnes de censures dont ont pu être victimes des auteurs indiens, comme Taslima Nasreen. Le lancement de son livre avait été annulé en 2012, alors que les musulmans intégristes avaient vivement protesté. 

 

De même, une diffusion vidéo où Salman Rushdie devait intervenir, à l'occasion du Festival de littérature de Jaipur, la même année, a été annulée dans des conditions spécifiques. 

 

Dans l'actualité indienne, et pour faire écho à l'ouvrage censuré, de nombreux viols ont été relatés. « Il y a un sentiment d'insécurité, chez les femmes, dans cet Etat », observe Brinda Karat.

 

via First Post