Indépendants : “Un jour prochain, la vie reprendra son cours : le réveil sera cruel”

Auteur invité - 22.04.2020

Edition - Economie - éditeurs Macron covid19 - librairie édition covid19


Voilà deux mois que nos vies sont totalement bouleversées. Le covid19 fait beaucoup de mal autour de lui. Des victimes humaines. Des victimes sociales. Les dommages collatéraux sont considérables dans tous les secteurs, publics et privés. Les répercussions dans le monde de l’entreprise, de l’artisanat, de l’entrepreneuriat, n’en sont qu’à leurs prémices. 
 

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Depuis le début du confinement, la culture est en danger. Le monde de l’édition artisanale, notamment, est à l’agonie. J’entends par là les librairies de quartier, les maisons d’édition spécialisées, au public souvent confidentiel, les professionnels passionnés : libraires, éditeurs, imprimeurs, auteurs... Qui gravitent bien loin des grandes chaînes de distribution ; ceux-là se meurent dans l’indifférence générale, car l’urgence est ailleurs. 

C’est bien normal lorsqu’il s’agit de sauver des vies. Nous sommes infiniment reconnaissants à tous ceux qui s’y attèlent sans ménager leur peine. 

Pendant ce temps – temps qui semble indéfiniment arrêté – les petites maisons d’édition s’efforcent tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau, en s’adaptant à cette situation de crise sans précédent. Mais leurs ressources sont maigres, leurs moyens limités. 

Un jour prochain, la vie reprendra son cours et le réveil sera cruel. 

Au-delà du simple aspect économique, c’est tout un pan de la culture française qui risque de disparaître. Cette culture qui nous enorgueillit, par son attachement à l’art, à son patrimoine, et son incroyable richesse pluridisciplinaire... est en voie d’extinction. 
 
Il est donc primordial d’anticiper ce retour à la normale. Nous souhaitons que cette reprise soit synonyme de renouveau, de renaissance, et non pas d’une abdication. 

C’est pourquoi aujourd’hui nous poussons un cri d’alarme ! 

Nos petites maisons d’édition, AKFG, Le Puits Fleuri, les Éditions du Sabot Rouge, spécialisées dans les ouvrages patrimoniaux, jeunesse et cinématographiques... ainsi que nombre de nos confrères des métiers du livre, ne se relèveront pas de ce cataclysme sans le secours de notre ministère et de nos concitoyens. 

À situation inédite, réformes inédites ! 

Nous en appelons à notre Président, M. Emmanuel Macron, notre ministre de la Culture, M. Franck Riester, notre ministre de l’Économie et des finances, M. Bruno Le Maire... Afin qu’ils nous aident à traverser cette épreuve par la mise en place de mesures franches et concrètes. Nous souhaitons dans l’immédiat des tarifs postaux privilégiés afin de pouvoir continuer à vendre nos ouvrages par correspondance. 

Nous demandons à plus long terme un soutien budgétaire, mais surtout des protections viables. Nos maisons d’édition ont grand besoin d’être revalorisées afin de continuer à coexister auprès des géants de l’édition. 
 
Nous connaissons nos enjeux, nos problématiques, et souhaitons être force de propositions. Nous nous tenons à votre disposition pour vous les exposer. 

La sauvegarde et la pérennité de la culture française ne sont pas un sujet subalterne. 

Nous en appelons enfin aux médias, dont l’impact considérable joue souvent un rôle décisif. Leur coup de projecteur sur notre crise peut s’avérer salutaire, et nous les remercions par avance de relayer au mieux cet appel. 

Notre combat et vos actions décideront de notre sort ! Mobilisons-nous pour sauver notre patrimoine ! 

Frédéric de Araujo
AKFG Editions 
 

La pétition, mise en ligne, a recueilli quelque 19.600 signatures à date. Elle peut être consultée ici, adressée à Édouard Philippe (Premier ministre), Franck Riester (ministre de la Culture) et Emmanuel Macron (Président de la République), ainsi qu’à tout le gouvernement. 


Commentaires
pour continuer a lire des livres
J'adhère totalement ! Pétition signée et partagée. Les livres sont fondamentaux en cette période de confinement.
COVID-19 ou pas, un bon livre restera toujours un bon livre, un mauvais un mauvais.

Commençons par balayer devant nos portes, interrogeons-nous sur la qualité des livres que nous écrivons et que nous éditons. La désertification des librairies n'a pas attendu le COVID-19.

Un bon livre trouvera toujours ses lecteurs, un mauvais livre fera toujours plus de dégât que pas de livre du tout.
Dans le fond, on pourrait adhérer. Vous dîtes que c'est à l'État de bouger.

Et pourquoi pas vous, les petits éditeurs, ne vous alliez-vous pas pour former un groupe à vous tout seul ?

Seul, vous n'êtes rien : vous n'obtiendrez rien de l'État, encore moins de la Poste (dont on a pu mesurer l'inefficacité pendant la crise, même si elle a cherché à rattraper un peu le coup).

Vous avez la même problématique que les libraires : trop petit, trop faible, pas assez de volumes (pas en stock, à envoyer !)

Formez un groupe : négociez au nom de dix mille éditeurs au lieu d'un... comme un certain Amazon qui, tout seul, n'est finalement pas grand chose (même si, par la force des choses, il est devenu énorme).

C'est bien d'attendre le secours de quelqu'un d'autre : c'est encore mieux d'y pourvoir par soi-même quand peut.

Amis éditeur et libraire, n'hésitez pas à vous unir...

Et si tous les écrivains du monde pouvaient aussi se donner la main, nous ne vivrions pas cette précarité de notre métier.
Monsieur "Oui Mais..." c'est justement parce que nous avons la volonté de nous unir que mes confrères et moi-même avons émis cette pétition, qui regroupe déjà plus de 20 000 signatures. De nombreux synicats des métiers du livre se sont ralliés à notre cause et nous continuons sans relâche à la partager avec nos confrères éditeurs et libraires, mais aussi auteurs, correcteurs, imprimeurs... dans le but de, comme vous l'écrivez "négocier à dix mille éditeurs au lieu d'un" afin de défendre nos intérets communs qui sont la sauvegarde de nos emplois et par ceux-là, la perennité de notre diversité culturelle. De plus, nous n'attendons pas sans rien faire, et nous avons mis en place des passerelles et des solutions entre confrères pour espérer sortir de l'impasse. Je partage totalement votre opinion, c'est l'union qui fait la force. Nous entendons bien véhiculer d'une seule voix notre cause. Esérons que notre voix porte haut.
Vous avez tout à fait raison M. Araujo, il faut sauver les petites maisons d'édition. Je suis avec attention votre combat.
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