Inégalités hommes/femmes dans l'édition: elles confirment

Clément Solym - 15.03.2012

Edition - Société - Vida - édition - hommes


L'étude publiée par Vida au début du mois de mars (voir notre actualitté) continue d'alimenter la polémique. Il ne semble pas y avoir beaucoup d'hommes pour parler de ce sujet sensible. Et pourtant, leur avis est essentiel.

 

Les réactions, essentiellement féminines donc, continuent d'affluer suite aux conclusions de cette étude, montrant que les femmes sont toujours beaucoup moins nombreuses que les hommes parmi les chroniqueurs, parmi les auteurs encensés par les médias, parmi les écrivains qui attirent l'attention des éditeurs.

 

 

 

Un genre délaissé

 

L'auteure Elissa Strauss évoque un désintérêt des éditeurs pour un genre littéraire de "niche". « Je parle de sujets tels que le genre, la sexualité, la culture, et l'intersection des trois. Dans un monde dirigé par les leaders de la pensée, ces 'questions de femmes' constituent toujours des sujets de niche. On nus accorde parfois un peu de crédit, comme pour ce papier de Kate Bolick sur les femmes célibataires dans The Atlantic, mais ces papiers semblent avoir besoin d'un angle fortement tourné vers la première personne dans le but de les rendre publiables. Au-delà de ça, cependant, les problèmes des femmes et l'égalité des genres ne sont tout simplement pas assez importants ou intéressants pour les éditeurs ».

 

Libérer ou renforcer les clichés ?

 

Une conspiration ? John Barber, du Globe and Mail, n'est pas loin d'en arriver à une telle conclusion. « Pour être considéré sérieusement comme un écrivain, au XXIe siècle, une époque où l'élaboration et la lecture de romans sont essentiellement l'oeuvre des femmes, il n'a jamais été aussi important d'être un homme. Et après avoir souffert des années de condescendance et d'oppression, les femmes se manifestent comme jamais auparavant, réclamant la propriété d'un genre qui leur a longtemps servi de force libératrice ». Est-ce un combat pour le genre littéraire ou pour le genre féminin ?

 

Vida note donc que la tendance reste peu favorable pour les auteures. Mais la fondatrice de l'institut, Erin Belieu, admet cependant qu'« il faut du temps pour de telles évolutions culturelles. Nous savons que ce sujet ne disparaîtra pas. (...) Nous savons que les choses sont en train de changer pour le mieux ».

 

Du temps, en effet, et une motivation hors norme.