Inferno : Une diablerie érotique (inédite) de George Sand

Julien Helmlinger - 01.04.2014

Edition - International - George Sand - Alfred de Musset - Erotisme


Publication d'un inédit aux éditions SKA, réservé à un public adulte. Tandis que la rumeur tenait George Sand pour frigide, la maison résolument tournée vers le numérique publie un manuscrit récemment découvert chez un bouquiniste par l'éminent professeur italien, Ettore Delsedere. Intitulé Inferno, celui-ci pourrait bien changer la perception que nous avons de l'auteure de La mare au Diable. Parmi tout un lot de papiers scellé par une jarretière fanée, pendant des années conservé par les descendants du médecin Pagello, amant de l'écrivaine au cours de son voyage à Venise, le spécialiste a authentifié un trésor du XIXe siècle.

 

 

 

Comme le rapporte le professeur, déchiffrer et identifier un manuscrit ancien n'est pas toujours tâche aisée, même pour un spécialiste. L'authentification de la nouvelle, retrouvée parmi d'autres documents, et notamment des fragments de correspondances échangées entre George Sand et Alfred de Musset, aura nécessité le temps « d'entrer dans l'intimité de cette écriture » singulière. Mais les indices étaient nombreux à corroborer son hypothèse, dès les premiers balbutiements de son enquête.

 

Selon son éditeur, la nouvelle inédite de George Sand constitue une véritable diablerie littéraire. Le récit est celui du calvaire traversé par une mère, dans sa tentative de sauver son fils des griffes des démones lubriques. Le communiqué précise : « accablée de douleur à l'idée de perdre son fils entraîné aux enfers, où règnent luxure et fornication, y descend à son tour et sacrifie sa vertu. Le style délicieusement daté magnifie le caractère brûlant de cette nouvelle infernale ».

 

Ci-dessous, un extrait : 

Mais Jacques, qui décidément ne s'étonnait de rien, commença à lécher la fente du fruit avec curiosité. Au contact de sa langue, qui s'enhardissait, celui-ci se mit à gonfler, poussant deux nymphes frémissantes hors de ses rotondités, et Thérèse vit avec horreur le bourgeon de corail risquer hors de son capuchon une querelleuse petite tête. Son fils ouvrit grand la bouche et se mit à téter avec ferveur la liqueur de Cypris, qui s'épanchait abondamment sur son menton, ses lèvres et jusque sur son nez, les enduisant d'un vernis épais. Tandis qu'il buvait à longs traits, Thérèse poussa un cri perçant...

 

L'ouvrage et ses fines illustrations, retrouvées dans le lot du bouquiniste, et attribuées à une certaine Marie Brizart, sont publiés dans la collection Perle rose, le tout commercialisé au tarif de 4.99 €.

 

Voilà une oeuvre qui devrait apporter un éclairage nouveau sur la figure littéraire.