Infiltrations à la BnF : la maîtrise d'ouvrage des travaux s'explique

Antoine Oury - 12.02.2018

Edition - Bibliothèques - Oppic BnF - BnF Richelieu - bibliothèque nationale France Richelieu


Les infiltrations déclarées la semaine dernière au sein de la salle de lecture du Département des Manuscrits ne sont qu'un aperçu de ce que les personnels du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France découvrent chaque jour. Le bâtiment rénové au cours de la phase 1 présente de nombreuses malfaçons, dénoncent le personnel et ses représentants, qui seraient dues, selon eux, à une mauvaise prise en main du chantier par l'Opérateur du patrimoine et des projets immobiliers de la culture (Oppic), sous la tutelle du ministère de la Culture. Ce dernier s'exprime sur la situation.


Sans titre
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


 

La semaine dernière, pluies et chutes de neige ont provoqué de nouvelles infiltrations au sein de la salle de lecture du Département des Manuscrits, tandis qu'un chauffage défaillant achevait de désespérer les personnels et usagers. Cet incident fait suite à d'autres, plus ou moins graves, qui se succèdent depuis la réouverture du bâtiment rénové du site Richelieu : chauffage et ascenseurs en dysfonctionnement, système de sécurisation des portes défaillant, infiltrations... Les personnels de la BnF ont même manifesté devant le ministère de la Culture pour alerter Françoise Nyssen, qui leur a proposé un rendez-vous le 15 février.

 

En attendant, l'Oppic, responsable de la maîtrise d'ouvrage du chantier de rénovation du site Richelieu, se dit « conscient et plus que désolé de cette situation. La dernière période de fortes précipitations qui a touché une partie de la France, cumulant pluie et neige, a provoqué des fuites d'eau et des infiltrations. Les équipes des deux établissements, la BnF et l'Oppic, sont fortement mobilisées pour minimiser les risques, en trouver les causes et proposer des mesures correctives », nous assure-t-on.

 

Les dysfonctionnements du système de chauffage, notamment au cours de l'hiver 2016-2017, sont liés à un embouage des canalisations, « suite à de mauvais nettoyages des descentes d'eau ». « À la livraison du système de chauffage de la phase 2, toutes les canalisations seront testées », promet-on du côté de l'Oppic. Par ailleurs, comme nous l'avait déjà expliqué la direction de la BnF, les problèmes de chauffage sont aussi liés à un système partiellement opérant en raison des travaux engagés sur la phase 2 de la rénovation du site.

 

Pour les infiltrations de la semaine passée, l'Oppic explique que la toiture de la salle de lecture du Département des Manuscrits n'a pas été rénovée en raison du diagnostic effectué en 2009, avant le début des travaux. En réalité, c'est le « parapluie » de la phase 2, destinée à protéger le chantier des intempéries, qui a débordé et déversé de l'eau sur cette toiture. « Un système avec des cordistes a été mis en place, surtout pendant les chutes de neige, pour dégager les toitures. Il faut parer au plus urgent », explique l'Oppic, « mais les réparations nécessaires seront faites après un diagnostic sur l'ensemble des toitures ».

- Bibliothèque nationale de France Richelieu

Le chantier de la BnF (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)
 

 

Enfin, l'Oppic assure que « certains désagréments » observés sur le site rénové « sont dus au fait que les équipes n'étaient pas suffisamment rodées ». « Nous nous sommes rendu compte qu'il fallait impliquer plus tôt les équipes de la BnF chargées de l'entretien et de la maintenance du site dans la mise à disposition des équipements et dans les dispositifs. Par ailleurs, la cohabitation de plusieurs entités, la BnF, l'Institut national d'histoire de l'art et l'École des Chartes, nécessite une meilleure diffusion des informations », reconnaît l'Oppic.
 

Des responsabilités à établir

 

Au cours du mois de janvier, une réunion a rassemblé la direction de l'Oppic et celle de la BnF : « Un retour d'expérience a été fait sur la phase 1 et nous avons procédé à une répartition des tâches pour apporter les corrections nécessaires au cours de la phase 2, comme le diagnostic sur les toitures », explique l'opérateur du ministère.

 

L'interminable et coûteux chantier
du site Richelieu de la BnF

 

Reste la question des responsabilités engagées par ces malfaçons dans les travaux sur le site Richelieu : « Dans tous les chantiers, il existe une garantie de parfait achèvement : quand il est avéré que l'entreprise est fautive, comme pour le mauvais nettoyage des descentes d'eau, un dispositif est mis en place et la société doit intervenir pour corriger les problèmes », rappelle l'Oppic. Pour le moment, toutefois, les correctifs aux malfaçons sur le site Richelieu se limitent « à des interventions rapides en cas d'urgence. Nous n'avons pas de réponse précise pour les délais, car un processus se met en place » après constat des malfaçons.

 

Le coût pour l'Oppic, et donc pour l'État, n'est donc pas encore chiffré : outre le diagnostic attendu sur les toitures du site, il reste à déterminer ce qui relève de la responsabilité des entreprises engagées sur la phase 1 du chantier. 


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