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Inondation à la BnF : Filippetti réclame “un état des lieux précis”

Cécile Mazin - 17.01.2014

Edition - Bibliothèques - inondation - BnF - Aurélie Filippetti


En début de semaine, ActuaLitté dévoilait qu'une inondation avait frappé la Bibliothèque nationale de France, impactant, selon les premières estimations, entre 10 et 12.000 exemplaires du Département Littérature et Arts. Le syndicat FSU, premier à réagir, faisait état de « très graves conséquences pour les collections patrimoniales, le service public et les usagers de la Bibliothèque nationale de France ».

 

 

 

La direction aura tenté de relativiser la gravité de la situation, mais peu après la CGT redoublait, considérant que c'était là l'incident de trop, évoquant à son tour d'importants dégâts.

 

« La direction de la BnF, consciente de la gravité de cet incident, a tout mis en œuvre dès le premier soir et les jours suivants pour y faire face, grâce à l'engagement, à la compétence et au savoir-faire de ses agents, en particulier les personnels de la conservation », assurait un communiqué officiel. Seuls 12.000 des 2 millions de livres étaient touchés par l'inondation, garantissait la direction.

 

Reste que la ministre s'est tout de même déplacée pour éponger les craintes. Le 16 janvier, Aurélie Filippetti s'est rendue à Tolbiac, et dans un communiqué, la Rue de Valois, cite la direction de la BnF qui « fait état de 12.000 ouvrages touchés sur les 11 millions que conserve le site. 1.500 nécessiteront un traitement particulier ». 

 

Aurélie Filippetti a demandé qu'un « état des lieux précis, une fois que l'identification des ouvrages aura été faite, pour connaître les implications du sinistre et les voies proposées par l'établissement pour restaurer ou reconstituer les collections qui pourront l'être ».  
 

Elle a réaffirmé son attachement à la sécurité des œuvres et à la préservation  dans les meilleures conditions possibles des collections physiques dont la BnF a la garde. Il s'agit d'une mission fondamentale de l'institution.

La BnF consacre 21 M€ en 2014 à la maintenance de ses bâtiments et à ses travaux de sécurité. Les 3 M€ débloqués en fin d'année 2013 par le Ministère pour cette institution seront consacrés en priorité à la modification accélérée du système de canalisation de la bibliothèque.   

 

La ministre en a profité pour attester de son plein soutien aux équipes de l'établissement « qui se sont remarquablement mobilisées pour traiter dans l'urgence les conséquences de l'inondation et a pu constater la grande maîtrise des opérations du plan de sauvegarde des collections qu'elles ont mis en œuvre ». 

 

Une mobilisation d'autant plus nécessaire qu'un autre dégât des eaux est intervenu, nous précisait-on. 

« On a été pris à parti par la direction, on nous a demandé de ne pas gonfler les chiffres, mais la situation a changé maintenant que les médias ont relayé l'affaire et la direction devra bien changer de position. On peut chiffrer à 35.000 et non pas 10 ou à 12.000 comme on voudrait le faire croire, ni même 120.000 comme j'ai pu lire ailleurs. Maintenant, le gymnase dans lequel des livres ont été mis à sécher est désormais vide, il y aurait eu une nouvelle inondation dans la salle de sport, à croire que la BnF a un véritable problème avec l'eau. »