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Inondation à la BnF : une enquête administrative demandée à Filippetti

Nicolas Gary - 03.02.2014

Edition - Société - inondation à la BnF - enquête administrative - direction de l'établissement


Le ministère de la Culture avait assuré à ActuaLitté que l'enquête administrative ne serait pas « particulièrement adaptée » au cas de la BnF, suite à l'inondation qui avait eu lieu mi-janvier. « On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de sujet de vieillissement du bâtiment, il faut traiter ce sujet en urgence», souligne-t-on au ministère, qui attend vraisemblablement « dans quelques semaines, les propositions que la BnF fait en termes de travaux de maintenance et de sécurité ».

 

 

BnF exposition Casanova

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

En dépit de cette réponse claire de la rue de Valois, et selon les informations d'ActuaLitté, la Fédération Syndicale Unitaire vient de réclamer à la ministre, Aurélie Filippetti, que soit ouverte une enquête administrative, soulignant que 40.000 ouvrages des collections patrimoniales ont été touchés.

 

Précédemment, deux autres inondations, provoquées par des « causes identiques » et survenues au département Histoire-Philosophie-Sciences de l'Homme en avril 2004 et août 2005, la direction avait été pressée d'agir.

 

Et la FSU de pointer :  

Un document d'analyse, utilisant la méthode AMDEC et comportant des indicateurs précis, avait été transmis par le département des moyens techniques (DMT) au CHS de l'établissement public en 2007. Ce document faisait clairement état de la nécessité de remplacer un grand nombre de conduites en PVC présentant des défauts de conception, d'assemblage et d'étanchéité et ayant déjà fait l'objet de ruptures : la couronne d'alimentation en eau du jardin traversant les espaces aujourd'hui sinistrés y était nommément identifiée comme présentant un niveau de criticité élevé.

 

Or, malgré les recommandations, souligne-t-on, dans la lettre qu'ActuaLitté a pu consulter, « l'administration a ainsi renoncé à mettre en sécurité l'ensemble du réseau d'alimentation en eau ». Une direction qui n'hésiterait pas à employer des noms d'oiseaux assez triviaux, dès lors que des représentants syndicaux s'adressent à la presse…

 

Et la FSU de solliciter donc que la ministre diligente une enquête administrative, alors que « les conséquences morales de l'inondation du département littérature et Arts sont très importantes ». Le syndicat précise : « Vous n'êtes pas sans savoir que le jour de votre visite à la BnF, des milliers d'ouvrages mis à sécher dans un local de fortune - la salle de sport - avaient dû, à nouveau, être déménagés de toute urgence, cet espace étant à son tour victime d'une nouvelle inondation. »

 

La réserve de livres rares aurait également été touchée, suite à une nouvelle inondation, réserve située non loin des magasins touchés mi-janvier. « La première mission de la bibliothèque nationale est de conserver les collections nationales pour les communiquer et non privatiser ses espaces publics et offrir des concessions avantageuses à la société MK2 ou participer à la filiale «BnF Partenariats» accordant des droits d'exclusivités inacceptables aux éditeurs privés sur des fichiers issus de la numérisation des fonds publics : face à de telles dépenses inappropriées, le coût de remplacement de quelques canalisations est dérisoire », note le courrier.

 

Difficile pour le ministère de la Culture de ne pas répondre à ces attentes.