Inquiétés par le Brexit, les éditeurs britanniques publient leurs réclamations

Antoine Oury - 07.09.2016

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Comme une grande partie des industries britanniques, celle de la culture n'était pas spécialement ravie à l'idée de se retrouver hors de l'Union européenne. Le référendum du 23 juin 2016 a pourtant acté la sortie du Royaume-Uni de l'UE, et il faut désormais faire avec. En prévision des mesures qui vont accompagner cette sortie, les éditeurs britanniques publient un « manifeste » avec leurs demandes.

 

Brexit

(freestocks.org, domaine public)

 

 

Les organisations professionnelles du livre au Royaume-Uni, comme la Society of Authors ou la Publishers Association, nous avaient expliqué qu'elles ne prenaient pas de position officielle, mais les figures notables de l'industrie ont largement fait savoir leur sentiment vis-à-vis du Brexit. Que l'on se tourne vers la librairie, avec James Daunt, le patron des librairies Waterstones, ou vers les auteurs, avec une J.K. Rowling atterrée, le sentiment était que le monde du livre s'attendait à des heures sombres.

 

Pour se mettre un peu de baume au cœur, la Publishers Association, qui rassemble les éditeurs britanniques, a transmis un manifeste au gouvernement de son pays pour que ce dernier exécute au mieux la décision des citoyens de quitter l'Union européenne. 

 

Au premier rang des demandes des maisons d'édition, on trouve bien entendu le souci de conserver les barrières à la libre circulation des biens et des capitaux à leur minimum, pour que l'impact sur les imports, mais surtout les exports, soit minime. Dans la même catégorie, l'édition britannique demande qu'un plan précis et clair des prochaines étapes politiques soit publié par le gouvernement, afin de limiter « les incertitudes commerciales ».

 

Pour la suite, la PA a simplement mené un sondage auprès de ses membres pour connaître leurs craintes et préoccupations. 

 

L'édition britannique n'a pas perdu le nord : elle profite du Brexit pour réclamer au gouvernement des « lois fortes pour le copyright pour encourager l'investissement au Royaume-Uni et protéger les créateurs ». Le projet de réforme du droit d'auteur de la Commission européenne préoccupait beaucoup les éditeurs britanniques, et le manifeste est l'occasion de rappeler au ministère de la Culture britannique que le sujet n'est pas à prendre à la légère...

 

Le secteur de l'édition réclame également « de nouvelles stratégies pour le commerce intérieur », pour que l'édition académique et scientifique reste « un leader mondial ». Ici aussi, l'édition britannique fait référence à un combat qu'elle mène en réalité depuis plusieurs mois, celui de l'open access et de la fouille de textes et de données. Sur ce dernier point, le pays est le seul de l'Union européenne à s'être doté d'une exception pour le Text and Data Mining, que les éditeurs jugent dangereuse pour la stabilité du marché.

 

Enfin, les éditeurs demandent « que les personnes et les sociétés puissent accéder aux compétences et aux individus dont ils ont besoin, tout en prenant en compte les préoccupations des citoyens quant à l'immigration ». Voilà qui s'appelle ménager la chèvre et le chou, et la formulation rend compte des craintes de la Publishers Association pour l'avenir de l'industrie britannique... Si le manifeste est relié au Brexit, il semble surtout destiné à influencer la politique du ministère de la Culture britannique, tout simplement.

 

Début août, la PA assurait que 70 % de ses adhérents restaient, malgré le Brexit, totalement investis et confiants dans leurs stratégies commerciales.

 

via Publishers Weekly