Inquiétude des éditeurs américains : tout va bien chez Barnes & Noble ?

Clément Solym - 16.08.2018

Edition - Librairies - Barnes Noble librairie - panique éditeurs libraires - USA éditeurs libraire


Ces derniers temps, la chaîne de librairies américaine Barnes & Noble n’a pas fait preuve d’une rassurante stratégie. Et plus encore, l’instabilité au niveau de la direction a conduit à ce que six personnes auront occupé le poste de PDG depuis 2013. Les éditeurs commencent bruyamment à s’agiter dans leur siège.

 

Baltimore - Barnes & Noble @ Inner Harbor
m01229, CC BY 2.0
 

 

En l’espace de cinq années, les ventes se sont considérablement dégradées, en dépit des tentatives de diversification : l’ouverture de concept stores mêlant restauration et librairie, l’ouverture à des jouets, etc. Mais rien n’y fait. Au cours de la période, Barnes & Noble a littéralement abandonné toute approche du livre numérique, lâché par son partenaire, même, rien de moins que Microsoft.

 

Les patrons de groupes éditoriaux se sont récemment entretenus avec Leonard Riggio, actionnaire majoritaire et président de la société, âgé de 77 ans. Selon plusieurs sources évoquées par le Wall Street Journal, les éditeurs réclament une vision plus nette, et surtout, que Barnes & Noble devienne enfin stable pour concurrencer Amazon dans la vente de livres.

 

Le départ précipité et sans aucune explication du dernier PDG en date, Demos Parneros, a sans aucun doute accentué les inquiétudes que l’on sent poindre outre-Atlantique. Celui-ci fut licencié pour violation de la politique de l’entreprise, sans indemnités – l’entreprise assurait cependant qu’il ne s’agissait ni de questions financières ni de fraude. 

 

Mais le silence autour de ce départ avait plombé l’ambiance.

 

Leonard Riggio aurait assuré à ses partenaires éditeurs qu’il prévoyait de changer les choses – notamment avec la montée en grade d’un certain Timothy Mantel, directeur de la commercialisation. Et l’une des trois têtes pensantes de la chaîne à cette heure. « J’ai exprimé ma frustration du fait que j’ignore s’ils ont un plan. Nous voulons tous qu’ils survivent », assure un éditeur présent lors de la grande réunion. 


Fin juillet, pour tenter de tranquilliser tout le monde, le groupe annnonçait l’arrivée d’un investisseur : Schottenfeld Management Corp. s’offre 5,68% des parts de Barnes & Noble. Manifestement pas assez pour les éditeurs.

« Ce n’est pas anodin », nous affirme un éditeur parisien qui travaille beaucoup avec les États-Unis. « Après la faillite de Borders, en 2011, le marché a pris plusieurs années pour se stabiliser. Les indépendants ont le vent en poupe, mais une fragilisation de Barnes & Noble aurait des conséquences terribles. »
 

“L’unanimité contre Amazon est bien jolie”,
si tout le monde joue le jeu

 

Lors d’une prise de parole officielle, Leonard Riggio a tenu à rassurer tout son monde, disant qu’il était à la hauteur des attentes de chacun. Et surtout, qu’il « aime toujours le business et sa mission ». Il réfute toute forme de mécontentement de la part des éditeurs sur la gestion de l’entreprise.

 

Le projet reste de développer les ventes, et de rester concentré sur les livres, et uniquement les livres. Sauf que ces mêmes ventes ont reculé de 6 %, pour s’établir à 3,7 milliards $ sur l’exercice 2017. Et qu’en bourse, l’entreprise a pris cher...




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.