Inspection des bibliothèques municipales :Yves Alix ne sera pas « juge et partie »

- 09.04.2013

Edition - Bibliothèques - Inspection générale - bibliothèques municipales - Direction des affaires culturelles


En l'absence de commentaire de la ville de Paris, la CGT Culture des Affaires culturelles s'était vivement inquiétée du changement de statut. L'annonce avait été faite d'un audit des bibliothèques municipales parisiennes par un inspecteur d'État missionné conjointement par les ministères de la Culture et de l'Enseignement supérieur. Jusque là, seules les bibliothèques publiques parisiennes étaient rattachées à l'Inspection générale des bibliothèques (IGB).

 

 

 Aperçu du site de l'IGB

 

Pour que la délégation de contrôle se fasse, le syndicat invoquait la mise au placard de l'actuelle inspectrice auprès des établissements municipaux, peu appréciée des partenaires sociaux. Et la très probable titularisation d'Yves Alix comme inspecteur général auprès de l'IGB. Un jeu de chaises musicales qui s'est vérifié mercredi 2 avril, quinze jours après les rumeurs de changements de la nature des inspections. Mais pas sans devoir rappeler quelques faits. Agent détaché de la ville de Paris auprès de l'État, Yves Alix était soupçonné par la confédération syndicale de conflits d'intérêts en retournant à des activités d'évaluations sur la ville.

 

« Ce ne sera pas moi, je serai juge et partie », explique M. Alix. Contacté par ActuaLitté, l'ancien conservateur général des bibliothèques de la ville de Paris tient à préciser quelques faits. A commencer par les risques envers l'indépendance des bibliothèques municipales, évaluées jusqu'ici par les services de la capitale. Il explique : « si on regarde les textes, rien n'empêche l'inspection des bibliothèques en question par l'État. Nous avons les compétences pour le faire. » Une situation jamais mise en œuvre pour plusieurs raisons comme le statut spécifique de Paris à travers l'histoire : la confiscation et l'entretien de certaines collections par les communes lors de la Révolution, et les enjeux plus récents de la décentralisation.

 

Le fonctionnaire missionné par l'État rappelle que la décision a été prise par la Direction des Affaires culturelles (DAC) de supprimer sa propre inspection, comme d'autres villes ont pu le faire auparavant, préférant s'appuyer sur les inspecteurs ministériels. Aujourd'hui, le nouvel inspecteur a été affecté « comme référent », précise-t-il, aux régions Auvergne, Pays-de-Loire et les départements ultramarins de Mayotte et de la Réunion.

 

Article mis à jour à 16h50 :

 

La CGT DAC Culture s'est fendu d'un nouveau billet qui réitère ses critiques envers la nomination d'Yves Alix et indique avoir sollicité l'adjoint au maire chargé de la Culture Bruno Juillard. Cela suite à un Comité technique de la DAC jugé « mouvementé ». M. Juillard a précisé - qu'importe les scrupules déontologiques de M. Alix :

 

« au cas où la Mairie de Paris solliciterait les services de l'Inspection de l'Etat (notons le conditionnel) je vous annonce qu'il ne sera pas fait appel à Yves Alix ni maintenant, ni plus tard. J'ai bien entendu qu'il ne vous avait pas forcément laissé de bons souvenirs lors de son passage dans le réseau parisien, donc nous demanderons à l'Inspection de l'Etat de ne pas nous le proposer ».