Interdiction levée sur l'envoi des livres aux détenus britanniques

Antoine Oury - 22.01.2015

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Le ministère de la Justice britannique ne fera pas appel. Début décembre 2014, la Haute Cour de justice du Royaume-Uni condamnait une directive du secrétaire d'État à la Justice, Chris Grayling, limitant l'envoi des objets aux détenus par leur famille. Une décision qui interdisait également l'envoi de livres aux détenus. À l'aide de l'un d'entre eux, les militants ont obtenu la levée de la restriction.

 

Dessin de Gaëlle Forgeot, du CESAN (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

La décision est tombée en décembre, mais le ministère de la Justice pouvait encore faire appel : entre temps, les militants contre cette mesure de sécurité décriée ont bien fait leur travail. Ils ont évalué le coût d'une telle procédure judiciaire pour les finances publiques, et le gouvernement britannique n'a plus eu qu'à se ranger sagement.

 

« Je ne vois aucune bonne raison, à la lumière de l'importance que les livres ont pour les prisonniers de limiter au-delà de ce qui est requis [...] la fréquence d'envoi des colis », avait déclaré le juge Collins pour motiver sa décision. « Nous voulons que les livres ne soient pas un privilège », a rappelé Samuel Genen, avocat de la détenue qui a porté l'affaire à l'attention de la Cour.

 

Le secrétaire d'État Chris Grayling s'était plusieurs fois justifié, en expliquant que ces restrictions ne touchaient pas spécifiquement les livres, mais l'ensemble des objets envoyés par colis, et que la mesure visait à un meilleur contrôle sur les objets interdits en prison. Dans un entretien, il a expliqué que l'affaire avait « été montée de toutes pièces par des gauchistes », et que « le seul changement, c'était l'harmonisation des règles de toutes les prisons. Il n'y a jamais eu de liberté d'envoi de colis. »

 

The Howard League et l'English PEN ont tous deux milité contre la mesure, et se sont réjouis de son rejet par la justice britannique, qualifiant toute l'opération de « gâchis de temps et d'argent public ». Le 31 janvier prochain, un document officiel demandera au ministère de la Justice d'amender le code de procédure pénitentiaire.

 

(via The Guardian)