Intermittents : les forces de l’ordre ont évacué les manifestants à Odéon

Joséphine Leroy - 29.04.2016

Edition - Société - Intermittents spectacle Odéon Comédie-Française - Intermittents spectacle occupation - Intermittents spectacle accord


Nouvelle péripétie avec les manifestations en soutien aux intermittents du spectacle : en place depuis lundi soir au théâtre de l’Odéon, les manifestants ont été évacués de la place et du théâtre par les forces de l’ordre suite à l’accord trouvé dans la nuit du 27 au 28 avril entre la CGT, FO, CFTC, CFE-CSG (syndicats des salariés) et la FESAC (le syndicat des employeurs) — un accord dont la concrétisation reste encore attendue. 

 

Manifestation des intermittents du spectacle au Théâtre de l'Odéon

Manifestation, lundi, au théâtre de l'Odéon 

(ActuaLitté / CC BY-SA 2.0)

 

Les manifestants qui persistaient à occuper les théâtres malgré la signature d’un accord entre les organisations syndicale et patronale, ont été évacués par la police, comme l'affirme l'AFP. Leur présence déplaisait à la fois à la ministre de la Culture et au directeur du théâtre de l’Odéon, Stéphane Braunschweig. Audrey Azoulay enjoignait ainsi les manifestants à partir : « Les salles de spectacles doivent désormais être rendues au public », avait-elle déclaré. 

 


Hier après-midi, une « quinzaine de manifestants » se trouvaient toujours à l’intérieur du théâtre. Les forces de l’ordre les auraient évacués sans heurt. Environ 200 intermittents et manifestants de Nuit Debout présents sur place, devant le théâtre, ont à leur tour quitté la place en direction de République. Quant aux manifestants présents à la Comédie-Française, ils seraient partis d'eux-mêmes. 

 

À la Comédie-Française comme au Théâtre de l’Odéon, les deux représentations prévues ont été annulées ce jeudi, « non pas pour cause d’occupation, mais en raison de la journée nationale d’action contre la loi Travail », explique la direction de l’Odéon. À Strasbourg, même esprit : le Théâtre national de Strasbourg (TNS) a annulé deux spectacles programmés en signe de solidarité. 

 

« Convergence des luttes » sur fond de tension sociale 

 

Pour beaucoup de manifestants, les combats politiques se conjuguent : la défense du régime spécifique des intermittents du spectacle rejoint la critique globale de la Loi Travail. Des incidents ont été rapportés. Ainsi, même si un accord a été trouvé entre les fédérations CGT, FO, CFTC, CFE-CSG (syndicats de salariés) et la FESAC (syndicat des employeurs), il faut encore qu’il soit réalisé. L’accord signé promet l’ouverture des droits à l’indemnisation pour les artistes comme pour les techniciens, à partir de 507 heures de travail comptabilisées sur 12 mois. Il y aurait aussi un retour à une date anniversaire afin de permettre le calcul des droits des intermittents. 

 

Renforcés par cette convergence des luttes, les intermittents seront très attentifs à l'application de l'accord.