Internet/Commerces indé : pour une concurrence équitable et loyale

Nicolas Gary - 16.09.2014

Edition - Economie - librairie commerce - vente ligne internet - impôts USA


Les petites entreprises, aux États-Unis, ont leur chevalier blanc : l'Advocates for Independent Business. Et cet organisme lance, en partenariat avec l'American Booksellers Association et plusieurs organisations locales, une campagne numérique. Appuyée par le hashtag #efairnessnow, elle cible les consommateurs. Unique mot d'ordre : soutien aux petits commerces.

 

 

 

 

Que l'on parle de commerces de bouche, de librairie, de vente de vêtements, chaussures, produits pour la maison, etc., la campagne s'est donné une mission simple, « persuader les clients des magasins indépendants d'afficher leur soutien aux détaillants, en publiant des photos sur les réseaux sociaux, depuis Facebook et Twitter. Et l'on appelle les boutiques indé à faire de même ». 

 

Oren Teicher, de l'ABA, prend le relais dans la communication : « Nous espérons faire passer ce message via les médias sociaux : l'inégalité dans l'impôt, aujourd'hui, a bien plus qu'un impact négatif sur les entreprises. Cela impacte les communautés à travers tout le pays. Pour les magasins qui souhaitent mobiliser leur clientèle dans cette campagne, ces images offrent un impact visuel énorme, qui véhicule l'information. » 

 

On s'attend donc à ce que tout un chacun prenne conscience de ces enjeux, cesse de consommer sur Internet, ou de profiter des espaces d'exposition que représentent les commerces pour faire ensuite ses emplettes sur la toile. Cette méthode du showrooming fait particulièrement mal aux commerces de proximité : les taxes dont ils s'acquittent, pour avoir ouvert un espace de vente physique, les mettent dans une position de concurrence désavantagée en regard de ce que pratiquent les vendeurs en ligne. 

 

Dans les prochaines semaines, ces petits commerces attendent beaucoup d'un vote qui surviendra au Sénat. Ce dernier doit autoriser la taxation des sociétés de e-commerce, pour rétablir un certain équilibre entre les détaillants. La loi sur un commerce équitable pèsera lourd dans l'activité économique de chacun. 

 

Stacy Mitchell, coordinateur de la campagne, assure que le Congrès est particulièrement sensible à la question. Mais les élus du peuple ont besoin d'entendre leurs électeurs – et les clients – manifester plus fortement encore leur soutien. 

 

À ce jour, les vendeurs en ligne sont exemptés de la taxation que subissent les commerces brick and mortar, alors que ces derniers versent des taxes de l'ordre de 6 à 12 %, au titre de l'impôt provincial. Un surcoût qui rend la concurrence lourde, comme l'a démontré une étude de l'université d'Ohio State : les consommateurs se ruent facilement sur Amazon, qui dérobe une importante part de marché, et profite, pour pratiquer des prix bas, des avantages de l'actuelle législation. 

 

L'an passé, le Sénat a voté massivement en faveur d'un rétablissement de l'équilibre, exigeant que les vendeurs en ligne réalisant plus d'un million de dollars de chiffre d'affaires soient soumis à la perception des impôts. Mais la Chambre a renvoyé cette proposition. Au cours des trois prochaines semaines, une nouvelle mouture sera examinée. Et beaucoup croisent les doigts. (via Shelf Awarness)