Internet : Les ventes en diminution pour les produits culturels

Clément Solym - 19.11.2014

Edition - Economie - ventes internet - livres produits culturels - consommateurs Noël


La vente sur internet serait en diminution pour la 5e année consécutive, annonce la FEVAD, pour les biens culturels physiques. Le cabinet GfK a opéré un bilan du e-commerce en France, pour la Fédération e-commerce et vente à distance. Dans ses conclusions, on découvre que la croissance des ventes en ligne se poursuit malgré tout, et devrait atteindre 19 % du chiffre d'affaires total pour les biens d'équipements de la maison.

 

 

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Maria Elena, CC BY 2.0 

 

 

Entre janvier et septembre 2014, les biens culturels vendus sur internet, et produits physiques comme éditoriaux, accuse une baisse de 7,5 %. Le livre est toutefois moins impacté que les autres secteurs : il accuse un recul de 1 %, contre 14 % pour la vidéo et 18 % pour musique et jeux vidéo. 

 

Les Français dépensent en moyenne 106 € par acheteur et par an sur la toile, contre 135 € dans les boutiques. « La raison de ce constat se situe en partie dans la fréquence d'achat : 4,3 fois par an sur internet contre 6 fois par an pour les magasins physiques », souligne la FEVAD.

 

Les consommateurs réfléchiraient plus quand ils s'apprêtent à acheter sur la toile, avec 87 % des achats prémédités au titre ou au rayon. En revanche, 38 % des achats reposent sur la spontanéité dans les boutiques physiques. 

 

L'autre point est qu'internet réalise 10 % de son CA TTC sur les ventes de produits d'occasion, contre 1 % dans les magasins. Un problème plusieurs fois soulevé dans le monde de l'édition, au point qu'en décembre 2013, la ministre Aurélie Filippetti était intervenue : le député Hervé Gaymard avait en effet suggéré que l'on mette en place une taxe sur les ventes de livres d'occasion, mais, à l'époque, aucun carton du ministère de la Culture ne contenait un pareil projet. L'idée était bien entendu de sanctionner Amazon, qui propose des livres dits neufs, mais avec des tarifs d'occasion.

 

Pour les produits culturels, la FEVAD voit l'émergence d'une nouvelle tendance, celle du streaming. Selon Claude Terrier, Chef de Groupe chez GfK, « une révolution se prépare et sera probablement plus profonde que la précédente. Nous sommes d'abord passés d'un marché physique à un marché dématérialisé ; nous sommes en train de passer d'une valeur faciale du produit à une valeur d'usage intimement liée à une pratique qui évolue. »

 

Bien entendu, ce mode de consommation pour le livre n'est encore qu'anecdotique, et concerne avant tout la musique et les séries. Mais cette évolution n'en reste pas moins une tendance de fond. 

 

La FEVAD effectue également quelques projections sur les futures meilleures ventes de Noël : dans les bandes dessinées, Lucky Luke, mais également Blake et Mortimer, ou Largo Winch, « rencontrent généralement un franc succès ». Et bien entendu, les prix littéraires et notamment le Goncourt, attribué à Lydie Salvayre, pour Pas pleurer (Éd. Seuil) devrait faire son petit effet. 

 

Pour Noël, 30 millions d'internautes comptent acheter leurs cadeaux sur la toile, avec 57 % du budget Noël dépensé sur internet. Le panier moyen devrait être en léger recul, de 5 %, soit 304 € – et 174 € seront dépensés sur internet. Un point fort, qui intéressera Fnac, « le retrait en magasin gagne de nombreux adeptes : 32 % des cyberacheteurs pensent faire ainsi contre 23 % l'an dernier. Un bel exemple de la complémentarité des canaux online et offline », souligne la FEVAD.