Internet sous surveillance de la NSA effraie les auteurs - à raison

Clément Solym - 12.01.2015

Edition - International - surveillance réseaux - internet auteurs - EFF Barack Obama


Suite à la parution du rapport de PEN America, le centre regroupant les écrivains, pour la défense de la liberté d'expression, l'Electronic Frontier Foundation a vivement réagi. Global Chilling : The Impact of Mass Surveillance on International Writers, explique combien la surveillance mondiale a conduit les auteurs à une autocensure, avec cette conclusion : « Le préjudice causé par la surveillance est incomparable. »

 

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JD Hancock, CC BY 2.0

 

 

Opéré après consultation de 520 auteurs, en octobre 2013, le rapport indiquait que ces derniers sont particulièrement préoccupés par les outils de contrôle et surveillance déployés à travers le monde. Principalement désignée, la NSA, agence américaine, et son utilisation abusive d'outils technologiques pour garder un œil sur le monde entier, « nocive pour la liberté intellectuelle, la créativité et le discours social », commentait le PEN.

 

Non seulement les écrivains se montrent préoccupés par cette surveillance qu'exerce le gouvernement, mais ils se livrent donc à une censure personnelle, dans leurs œuvres, ajoutait le document. Ils sont pourtant résidents de pays démocratiques, mais leur comportement friserait celui des écrivains qui vivent dans des régimes autoritaires. « Le préjudice [...] est unique », insiste l'EFF, « et comme les résultats le démontrent, la surveillance n'est pas uniquement une question de vie privée, mais également de liberté de parole, liberté d'association et d'innovation ».

 

L'EFF en profite donc pour inviter les citoyens américains à modifier le décret 12333 qui porte sur la surveillance de masse des personnes à travers le monde. Une pétition a été mise en ligne, qui attend encore quelques centaines de signatures. Elle est adressée directement au président des États-Unis, Barack Obama : « La plupart des gens n'ont jamais entendu parler de ce décret présidentiel », explique la pétition. Simplement, le décret exerce une surveillance au mépris des droits des citoyens quant à leur vie privée. 

 

En octobre dernier, le président du conseil de surveillance de Google, Eric Schmidt, s'exprimait sur les conséquences de l'espionnage du web par les services de renseignement et notamment la NSA. Pour ce qui concerne précisément le secteur technologique des affaires, et non les individus, il a estimé que la pratique était une menace grave, qui empire, et pourrait selon lui conduire à « casser internet ». Déchirer la toile, en somme, en provoquant la dispersion des centres de données, et par extension, des données elles-mêmes. 

 

« Le résultat le plus simple, c'est que nous allons finir par casser internet » a estimé Schmidt, lors d'un débat organisé par le président de la commission des finances du Sénat, Ron Wyden. Les participants ont pointé que depuis le scandale, certains pays demandent désormais aux groupes internet d'héberger leurs services ou leurs données dans des serveurs basés localement, plutôt qu'aux États-Unis. Or, selon le responsable des affaires juridiques de Facebook, Colin Stretch, cela serait « fondamentalement opposée à la manière dont internet est structuré ».