Intervenir en classe, mais regarder les élèves est interdit

Clément Solym - 18.09.2009

Edition - Société - intervenir - classe - regarder


Si vous avez une boîte de mouchoirs jetables à proximité, rapprochez-la - et si vous n'en avez pas, alors qu'attendez-vous pour lutter contre la grippe A ? Lenore Skenazy tient un blog dans lequel elle fait valoir la nécessaire liberté à offrir aux enfants, tout en mettant autour d'eux un univers sécurisé, fait de casques pour la tête quand ils font du vélo, ou de sièges dans les voitures. En somme, elle croit « à la sécurité des enfants ».

Elle rapporte ainsi des anecdotes, raconte les siennes et prodigue des conseils... La dernière en date est celle d'un auteur américain, Eric Berlin, qui rédige des romans pour élèves de CM1 ou 2 manifestement, et intervient régulièrement dans les établissements scolaires, puisque doté d'un naturel plutôt sympathique. Et voilà qu'il raconte comment il s'est retrouvé dans une situation paranoïaque extrême.

Il a ainsi tenté de se mettre en contact avec un enseignant de 4e année, soit à peu près 9/10 ans. Avec les frais qu'allait engendrer une note téléphonique pour un appel, Eric propose de passer par Skype, le logiciel de VoIP, et qu'ainsi, personne n'aurait à encaisser de surcoût, l'enseignant habitant à plusieurs centaines de kilomètres, dans un autre État.

La réponse du prof lui arrive par email : « Est-il possible d'effectuer une conversation Skype avec vous, de sorte que nous puissions vous voir, mais sans que vous puissiez nous voir ? Pour des raisons de confidentialité et d'autres directives scolaires dans le district, j'espère que cela sera possible. »

Eric en est resté sur le cul. « Je serais juste heureux si ce n'est pas une visite à l'école en personne, parce qu'il ne serait pas évident de porter un bandeau toute la journée, pour éviter que je jette mes yeux sur ces enfants. »