Inventer la bibliothèque payante et la fin du prêt gratuit

Clément Solym - 28.06.2010

Edition - Bibliothèques - payer - emprunt - livres


Quand on sait que les auteurs gagnent de l'argent sur les emprunts de leurs livres réalisés en bibliothèque, mais qu'ils sont également rémunérés pour leurs interventions dans ces établissements, on comprend mal la réaction de Michael Jecks, auteur de la ville de Devon, qui préconise, lui, une bibliothèque qui ne soit pas gratuite pour tous...

Auteur de polars médiévaux, et probablement pris dans une vision du monde ancienne, Michael propose même une facturation de 15 pence pour chaque emprunt de livre. Soit 18 centimes d'euros.

À Devon, le coût de fonctionnement de la bibliothèque est estimé à 16 millions £ et en mai dernier, le conseil a instauré un régime assurant aux nouveaux nés une adhésion sans limites à l'établissement, pour aider et encourager les enfants à lire et développer leurs connaissances.

Stuart Barker, conseiller responsable de ce secteur, explique pour sa part que la bibliothèque a souvent été une bouée de sauvetage pour de nombreuses personnes de la communauté. Mais justement, rebondit Michael, 15 pence, ce n'est pas une somme qui obligera tout un chacun à casser sa tirelire.

« Peu importe que ce soit le gouvernement, ni ceux passés, ils ont tous essayé de réduire les dépenses sur les bibliothèques. Maintenant, ils vont effectuer des coupes bien plus lourdes, sans doute pour nombre d'employés, mais aussi pour les livres et les ordinateurs », explique-t-il.

Alors ses 15 pence, ce serait juste une petite contribution pour aider aux coûts de fonctionnement de droit de prêt public. Et selon Michael, la plupart des consommateurs, sauf probablement les moins de 18 et quelques autres, pourraient mettre la main à la poche de cette manière.

Pas question, rétorque Stuart : les bibliothèques coûtent déjà au consommateur, par le biais des taxes qu'ils payent à la ville. Et pour un établissement tout particulièrement situé en zone rurale, c'est tout autant un endroit pour accéder aux oeuvres qu'une occasion de se rencontrer et de se retrouver.