Inviter des traducteurs pour leur faire aimer la littérature française

Clément Solym - 16.11.2009

Edition - Société - traduction - Villa - Gillet


Si en France, on trouve facilement des traductions d’œuvres venant de nombreux pays, il n’en est pas toujours de même pour les textes français à l’étranger. L’exemple des Etats-Unis est à ce titre assez parlant. On y retrouve seulement 3 % d’ouvrages traduits, le reste étant une publication « locale ». Il faut bien dire aussi que le métier de traducteur n’est pas forcément suffisamment rendu attractif, en conséquence, il est rare de trouver une bonne traduction…

Pour ouvrir davantage la porte des pays étrangers aux auteurs français, l’institution culturelle de Lyon, la Villa Gillet, a choisi d’inviter régulièrement des traducteurs en résidence. C’est une initiative qui permet à ces derniers de mieux connaître la France et de s’imprégner des dernières publication, voire de choisir de les traduire.

En temps normal, il faut dire qu’il est difficile pour un traducteur de pouvoir passer plusieurs semaines au sein d’un même pays afin de se tenir au courant des dernières évolutions linguistiques ainsi que des nouvelles parutions susceptible d’intéresser les lecteurs de son pays d’origine.

La Villa Gillet a pu mettre en place cette résidence grâce au soutien financier de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Pour le mois de novembre, c’est l’Américaine Jeanine Herman qui est en résidence. Cette traductrice de talent est connue notamment pour ses traductions de Julien Gracq et Francis Ponge.

Actuellement, elle travaille sur la traduction d’un essai de Julia Kristeva, La Haine et le pardon et cette expérience de résidence, inédite pour elle, lui apporte une entière satisfaction. Cette fan d’Albert Camus s’immerge ainsi mieux dans ce qui peut être le quotidien d’un auteur français. Et sans cette offre, elle n’aurait pu trouver les moyens pour rester aussi longtemps en France.

Le site Internet de la Villa précise les intérêts de l'existance d'une telle offre de résidence :
« Depuis 2005, la Villa Gillet invite en résidence des traducteurs américains et britanniques qui travaillent sur les œuvres d’auteurs français dont les ouvrages ne sont pas encore disponibles en anglais. Leur présence est l’occasion d’échanges, de séminaires de traduction et de rencontres publiques. Cette opération est le fruit d’une collaboration avec PEN American Center, les Services du Livre des Ambassades de France en Grande-Bretagne et aux États-Unis. »