Irak : Des livres rares exportés clandestinement de Mossoul

Julien Helmlinger - 25.06.2014

Edition - International - Irak - Contrebande - Héritage culturel


Les insurgés semblent progresser dans leurs conquêtes en Irak, et ne viseraient pas que les rançons, ressources pétrolières et autres stocks d'armement. Dans la ville de Mossoul, tombée aux mains des djihadistes, plusieurs bibliothèques déplorent avoir été victimes de pilleurs de manuscrits rares voire parfois uniques, que des contrebandiers auraient emportés ensuite à destination de la Turquie. Au rang des pertes annoncées, un exemplaire de Coran qui remonterait à l'époque où régnait la dynastie des Abbassides.

 

 

 

Bataillon irakien en exercice dans les rues de Mossoul en 2011

CC by 2.0 par DVIDSHUB

 

 

La situation militaire reste explosive dans le pays, si bien que les États voisins craignent sérieusement que le conflit ne vienne prochainement à s'inviter sur leurs propres territoires. Suite à la prise de Mossoul par les forces armées de l'État islamique en Irak et au Levant, les bibliothèques, monuments et autres sites patrimoniaux seraient devenus les cibles des pillards. Les sites religieux ne seraient pas épargnés par les contrebandiers.

 

Selon les termes de Qais Hussein, responsable en chef du Conseil national des antiquités et du patrimoine irakien : « Il ya eu des tentatives de contrebande visant un certain nombre de manuscrits rares irakiens d'ans un certain nombre de bibliothèques à Mossoul vers la Turquie, y compris un Coran rare qui remonte à l'ère abbasside. »

 

D'après le quotidien arabe basé à Londres Asharq Al-Awsat, une statue du poète abbasside Abu Tammam Al-Taei aurait été détruite. Mais cette information est démentie par le classiciste David Meadows, qui confirme les cas de bibliothèques pillées, mais soutient en revanche que la statue n'aurait quant à elle pas été détruite.

 

Ayant lancé un programme de conservation de livres et manuscrits précieux, depuis la ville irakienne de Najaf en 2013, l'UNESCO appelle les divers acteurs du conflit à ne pas détruire le patrimoine culturel local ainsi que ses sites religieux de toutes obédiences. L'organisme pointe : « Leurs destructions intentionnelles constitueraient des crimes de guerre ainsi qu'une atteinte à l'identité et l'histoire du peuple irakien. »