Iran : après dix-huit mois d’emprisonnement, Atena Farghadani a été libérée

Joséphine Leroy - 04.05.2016

Edition - International - Atena Farghadani caricature - Atena Farghadani prison - Iran prison condamnation


L’association CRNI [Cartoonists Rights Networks International, NdR] affirme que les autorités iraniennes ont relâché de prison la caricaturiste Atena Farghadani. Après dix-huit mois d’emprisonnement, la caricaturiste est enfin sortie, ce mardi 3 mai. Une bonne nouvelle qui ne fait cependant pas oublier à l'artiste le sort d'autres Iraniens injustement incarcérés. 

 

(via le compte Instagram The Foreign Desk

 

 

Atena Farghadani a été initialement condamnée à 12 ans de prison par les autorités iraniennes parce qu’elle avait dessiné une caricature représentant les députés iraniens comme des animaux afin de protester contre les nouvelles législations alors en cours qui limitaient l’accès à la contraception et s’opposait à la stérilisation volontaire. 

 

La caricaturiste avait été arrêtée à deux reprises : une première fois d’octobre à novembre 2014 et une seconde fois l’année dernière. Lors du procès, les motifs convoqués étaient à l’image de la politique liberticide à l’œuvre en Iran : 

 

  • « rassemblement et collusion en vue de nuire à la sûreté de l’État » 
  • « diffusion de propagande contre le régime » 
  • « insulte envers les membres du Parlement par le biais de peintures » 
  • « outrage au guide suprême »
  • « outrage envers les fonctionnaires chargés de son interrogatoire »

 

Sa peine risquait, à l’époque, d’être rallongée parce qu’elle avait serré la main de son avocat à l’occasion de l’une de ses visites. Ce rapprochement physique était similaire à une « relation sexuelle illégitime » (apparenté à l’adultère) et à une « conduite indécente ».

 

Selon le NIAC [National Iranian American Council, NdR] et CRNI, la caricaturiste aurait subi des abus de la part des gardiens de prison tels qu’un isolement total ou la soumission à un test de virginité. Atena Farghadani avait fait appel à sa condamnation et une pétition avait été signée. Sa peine avait été réduite de 18 mois et la condamnation pour « outrage au guide suprême » a été suspendue (3 ans). D’autres condamnations, après accord, ont été monnayées. 

 

CRNI avait annoncé que la libération était prévue pour le mois de mai. À sa sortie de prison, la caricaturiste se serait confiée à l’association. Tout en partageant sa joie d’être désormais libre, elle n’oublie cependant pas le sort d’autres détenus, inconnus, qui ne bénéficient pas du même soutien médiatique. Elle dit vouloir rester en Iran et continuer son travail d’artiste. Son avocat poursuivra de son côté son combat pour les droits de l’homme. 

 

(via CNRI