Irlande du Nord : la politique sur les livres paramilitaires en prison s'assouplit

Victor De Sepausy - 02.07.2019

Edition - Justice - Irlande Nord - prisonniers lecture - terrorisme paramilitaire


Les prisonniers d’Irlande du Nord n’ont peut-être pas même entendu parler de la mesure, mais l’apprécieront très prochainement. Les services pénitentiaires du pays ont réévalué les interdictions de lecture jusqu’à présent en vigueur. Désormais, les critères sont plus strictement définis, mais surtout plus ouverts.

Jail cell painting
ABN2, CC BY 2.0
 

Ronnie Armour, directeur général du service pénitentiaire du territoire est limpide : désormais, les seuls ouvrages autorisés à entrer dans les prisons ne devront pas contenir le moindre élément soutenant ou promouvant le terrorisme ni les organisations paramilitaires. Et moins encore encourager directement ou non à perpétrer des actes criminels.

Dans l’hypothèse où un livre viendrait à susciter quelques doutes, ils seront examinés par un sous-gouverneur — et le cas échéant interdits. 

Pour les services irlandais, cette réévaluation des critères a nécessité une véritable réflexion, et « de sérieuses discussions ». Jusqu’à présent, les livres portant sur ces sujets étaient en effet interdits tout court et la politique restait inflexible jusqu’à ce qu’un livre de Marisa McGlinchey ne se présente.

Réviser les jugements et les présupposés

Cet essai porte sur le développement du républicanisme irlandais dissident, et passe en revue l’impact sur toute la société depuis les années 80. Des entretiens menés avec quelque 90 militants radicaux ont permis sa rédaction, évaluant les tensions politiques en Irlande du Nord.

Considéré originellement comme un titre faisant l’apologie du terrorisme, Ronnie Armour a fini par rencontrer son autrice. Et cette dernière, après explication de texte, l’a convaincu, d’une part que le livre était loin des préjugés qu’il entretenait, mais surtout de lever l’interdiction qui pesait. 

Les détenus de la prison de Maghaberry auront à l’avenir tout loisir de se renseigner sur la dissidence politique — sauf s’ils contreviennent aux nouvelles règles imposées. 

La décision originelle visait à maintenir un environnement de lecture neutre — d’autant que les agents vivaient régulièrement sous le coup de violences continuelles dans les établissements. La crainte de lectures qui auraient ravivé les tensions était grande, et la sanction sur les livres devenait nécessaire.

« Les livres et autres matériels de lecture seront désormais autorisés, à moins qu’ils ne fassent explicitement la promotion d’actes criminels ou n’enfreignent la loi », assure maintenant le ministère de la Justice à la BBC.

Dans un climat plus apaisé…


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