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Ismail Kadaré réclame l’accès au dossier de la police secrète albanaise

Bouder Robin - 15.04.2017

Edition - International - ismail kadare albanie - régime dictature albanie - ouverture archives albanie


Alors que les autorités ouvrent enfin l’accès aux archives de la police secrète d’Enver Hoxha, ancien dictateur d’Albanie, l’écrivain Ismail Kadaré demande à pouvoir consulter le dossier que l’on avait constitué sur son cas.

 

L’écrivain Ismail Kadaré réclame l’accès au dossier qu’avait établie la police albanaise sur lui

Michael Button (CC BY 2.0)

 

Pendant des années, Ismail Kadaré a fait l'objet d'une surveillance lourde de la part de la Sigurimi, police secrète d’Enver Hoxha. Dictateur communiste de 1944 à 1985, Hoxha n’a eu de cesse de faire espionner le romancier aux idées jugées non conformistes, voire révolutionnaires.

Aujourd’hui, alors que les archives de la Sigurimi sont enfin accessibles au public, Kadaré réclame dans une lettre ouverte la consultation de son dossier. L’écrivain était déjà l’un des premiers à faire une demande publique pour l’ouverture de ces archives il y a des années.

« Malheureusement ma demande n'avait pas été entendue. Elle avait provoqué des tensions qui se poursuivent plus de 25 ans après, pour des raisons évidentes. », confie-t-il à l'AFP.

Il poursuit en soulignant que les autorités albanaises mettaient tout en œuvre pour dissimuler la vérité au sujet de la fausse liberté d’expression en littérature.
 

L’écrivain albanais Ismaïl Kadaré, “merveilleux auteur de l’histoire des Balkans”

 

Ismail Kadaré s’est frotté plusieurs fois au régime par le biais de ses textes forts et dénonciateurs. Son poème Les Pachas rouges avait notamment fait parler de lui en 1975. Accusé selon d’« incitation à l’insurrection armée », il avait été contraint à une autocritique publique puis interdit de publication.

Bien qu’il n’ait jamais été arrêté, c’est le cas de plusieurs autres écrivains, emprisonnés ou tués durant le régime communiste. Kadaré avait demandé l’asile politique et s’était réfugié à Paris en 1990. Aujourd’hui, à 81 ans, le romancier albanais espère trouver des informations à propos de la surveillance dont il était l’objet toutes ces années.

L'ouverture des archives de la police politique constitue selon lui un premier pas pour une Albanie plus libre.