Israël : des bibliothèques séparées pour les communautés arabe et juive

Clémence Chouvelon - 01.04.2015

Edition - International - Israël - arabe hébreu - bibliothèques séparées


L'association pour les droits civils d'Israël (ACRI) a lancé une pétition pour demander à la ville de Nazareth Illit, située au nord d'Israël, de proposer ses services en bibliothèques en langue arabe, alors qu'ils ne sont accessibles pour le moment qu'en hébreu. La municipalité prévoit d'établir une bibliothèque séparée de la bibliothèque municipale pour la communauté arabe de la ville.

 

 

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Livres en hébreu à un salon du livre dans l'ancienne gare de Jerusalem (Ze'ev Barkan CC BY 2.0) 

 

 

La ville de Nazareth Illit ou Haute Nazareth se situe au nord d'Israël et est située près de la ville arabe de Nazareth. Sa population de plus de 40 000 Israéliens est composée pour la plupart par des habitants d'origine juive, estimait en 2007 le Bureau central des statistiques d'Israël.

 

Le 30 mars, l'association pour les droits civils d'Israël et deux citoyens arabes de la ville ont soumis au tribunal de première instance de Nazareth une pétition, sous la forme d'un recours administratif, demandant la possibilité pour les résidents arabes de bénéficier des services offerts par la bibliothèque municipale, en langue arabe.

 

Cela implique l'achat de livres et de rendre la base de données de la bibliothèque accessible en langue arabe, s'assurer de la compatibilité des ordinateurs et stations de recherche avec l'arabe, et le lancement d'activités en arabe dans les bibliothèques. Ce sont plus de 2000 enfants arabophones de la ville qui profiteraient de cette mesure.

 

Les différentes activités proposées par la bibliothèque de Nazareth Illit — conférences, lectures de contes, aide aux devoirs — ne sont pour le moment accessibles qu'en hébreu. D'après l'ACRI, la bibliothèque a dans ses rayons des ouvrages en langue étrangère, dont l'espagnol et le russe, mais pas en arabe.

 

Depuis 2012, l'ACRI entretient une correspondance régulière à ce sujet avec les autorités municipales et le ministère de la Culture. Nisreen Alyan, représentant de l'ACRI, a déclaré qu'il est « du devoir de l'état de proposer des services publics aux citoyens arabes dans leur langue maternelle. »

 

Hani Salloum, l'un des résidents de la ville qui a soumis le recours souligne que « Les citoyens arabes constituent 20 % de la population de Nazareth Illit et vivent joyeusement côte à côté avec leurs voisins juifs depuis les années 1960. L'arabe est une langue officielle de l'État, et en tant que citoyens qui paient des taxes, c'est notre droit — à la fois pour les adultes et les enfants — de recevoir des budgets et ressources qui nous permettent d'accéder à des livres dans notre langue maternelle, ainsi que des programmes culturels et ludiques, de la même manière que les résidents parlant l'hébreu ou le russe. »

 

En réponse, la municipalité de Nazareth Illit aurait annoncé la mise en place d'une bibliothèque séparée pour la communauté arabe, dans le quartier Hakeramim de la ville.