Israël et Palestine : un nihilisme destructeur (Ian McEwan)

Clément Solym - 21.02.2011

Edition - Société - ewanb - israel - palestine


Depuis dimanche, le romancier britannique Ian McEwan a reçu le prix Jérusalem de littérature 2011. Une cérémonie qui n'a pas été de tout repos, rapporte l'Associated Press, puisque l'écrivain n'a pas accepté le prix sans un petit commentaire très personnel.

Saluant tout à la fois les avancées technologies et artistiques d'Israël, mais s'est vivement interrogé : « Où est la créativité politique d'Israël ? »

Et Ian, après avoir mis les pieds dans le plat, a entamé une grande série de réprimandes, d'un côté condamnant le nihilisme du Hamas, qui a appelé à plusieurs reprises à des tirs de roquettes contre les villes israéliennes. De l'autre, il a critiqué avec la même intensité le comportement d'Israël, qui, dans un même mouvement de nihilisme, a transformé la bande de Gaza en un camp de prisonniers.

C'est en s'adressant aux citoyens autant israéliens que palestiniens que Ian McEwan a donc reçu son prix. Il s'agit du plus prestigieux du pays et récompense un auteur étranger, tous les deux ans. Dans le jury, on retrouve notamment Shimon Peres, président israélien et maire de Jérusalem. Ce dernier était présent durant la cérémonie et McEwan ne l'a pas raté.

Évoquant les oeuvres d'Amos Oz, de Yehoshua ou de David Grossman, McEwan a salué tout d'abord trois hommes qui « aiment leur pays, et ont fait des sacrifices pour lui, autant qu'ils ont été troublés des orientations qui ont été prises ». Mais surtout, ces écrivains représentent « la conscience, la mémoire et surtout l'espoir » d'un avenir autre.

« Le contraire du nihilisme, c'est la créativité. L'envie de changement, la soif de liberté individuelle qui se répand à travers le Moyen-Orient, est une occasion de plus qu'une menace », conclut McEwan.

Ah, le livre pour lequel McEwan a été invité - plus que son discours politique - est Atonement, qui a déjà remporté plusieurs prix littéraires.