Israël : les éditeurs demandent la liquidation de la chaîne Steimatzky

Nicolas Gary - 02.07.2014

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Depuis plusieurs semaines, la situation de la chaîne de librairies Steimatzky est au coeur d'une procédure, qui pourrait trouver une issue inattendue. Les éditeurs d'Israël ont demandé à la cour de liquider, purement et simplement, la chaîne, alors qu'une solution commerciale se profilait. Il était proposé de réduire de 30 % la dette contractée par la librairie, et de procéder à un étalement des paiements. Sauf que non... 

 

Steimatzky in Golders Green

kerrypolka, CC BY NC SA 2.0

 

 

Vendue fin juin à un groupe d'investisseurs - Gimel Yafit - la chaîne comptait alors un nouveau patron, en plus de la maison d'édition Korim. Mais à peine le contrat signé, les analystes émettaient des doutes sérieux quant à la viabilité de l'entreprise. Depuis avril, les premiers signes critiques de la situation se sont manifestés. Des retards dans le règlement des fournisseurs posaient de sérieux problèmes, et début juin, les éditeurs annonçaient qu'ils ne percevaient plus que la moitié des sommes qui leur étaient dues.

 

Conséquence immédiate, certaines maisons, comme Yedioth Books, ont choisi de ne plus approvisionner un revendeur qui ne payait plus. Selon les estimations, alors, Steimatzky devait près de 18 millions de shekels pour ses employés, et des licenciements étaient à prévoir pour assainir l'entreprise. 

 

Les échéances se sont alors multipliées, avec le remboursement des fournisseurs - à la hauteur de 12 millions de shekels (6 millions €). Mais au moins la vente était achevée. Sauf qu'après avoir mieux vérifié les comptes, le montant de la dette s'élevait à 50 millions de shekels (plus de 25 millions €), et que tout cela se compliquait légèrement. 

 

Dans une déclaration, le groupe Greenberg avait remercié les fournisseurs d'avoir accepté que la vente s'opère sans soucis - certains d'entre eux s'étaient farouchement opposés, en vertu du droit israélien du commerce. Plus de trente éditeurs avaient donné un accord de principe, en parallèle, pour l'étalement de la dette. Soit 30 % qui disparaissaient et un règlement échelonné. 

 

Mais aujourd'hui, d'autres maisons baissent les bras. Et demandent littéralement que la chaîne de librairies soit mise en liquidation.  Modan Publishing, Am Oved et Opus Press, ainsi que l'association des éditeurs de livres d'Israël, accompagnés d'autres éditeurs qui ont préféré rester anonymes, souhaitent que l'on mette un terme à la gabegie. Steimatzky leur doit plus de 7,5 millions de shekels, et tout cela n'est plus supportable (1,6 million €). (via Haaretz)