Israël offre le Journal d'Anne Frank aux bibliothèques de Tokyo

Julien Helmlinger - 01.03.2014

Edition - International - Anne Frank - Israël - Japon


Un livre, c'est parfois tout un symbole. La semaine dernière a été vandalisée plus d'une centaine d'exemplaires du Journal d'Anne Frank, et d'autres titres assimilés, dans les bibliothèques publiques de Tokyo. Sans que l'on ne sache par qui ni pourquoi, leurs pages ont été massivement arrachées et la communauté juive locale n'a pas manqué de réclamer une enquête. Si cette dernière n'a pas encore fait la lumière sur l'affaire, l'ambassade d'Israël au Japon prend les devants en faisant don de plus de 300 bouquins aux services de prêt de la ville.

 

 

 

 

Le maire de l'arrondissement de Suginami, à Tokyo, Ryo Tanaka, a eu l'occasion de constater la majeure partie des dégâts liés à l'acte de vandalisme. Au cours d'une conférence, ce jeudi, il a confié son espoir que l'anecdote aura permis de rappeler à chacun « les faits horribles de l'histoire et du racisme ». Tandis que le livre témoigne de la Seconde Guerre mondiale, du temps où l'adolescente se cacha des nazis, la piste de l'extrême droite est en conséquence privilégiée.

 

Pour la communauté juive, le livre représente tout un symbole, celui de la souffrance subie par les juifs au cours de l'Holocauste. Peleg Lewi, chef de mission adjoint à l'ambassade d'Israël, qui estime que l'acte isolé ne reflète pas un sentiment national, a quant à lui ajouté : « Nous espérons que les autorités japonaises traduiront les responsables de ces actes lâches devant la justice. »

 

« Nous ne savons pas pourquoi cela est arrivé, ni qui en est à l'origine », reconnaissait Satomi Murata, directeur du Conseil des bibliothèques du Japon. Dans le même temps, Toshihiro Obayashi, fonctionnaire de l'établissement de Suginsami, situé dans l'ouest de la ville, était formel : « Chaque livre qui se rapporte au Journal d'Anne Frank a été endommagé dans notre bibliothèque. »

 

La localisation géographie de ces incidents suggère une forme d'organisation, comme pour « dénigrer la mémoire de l'assassinat de 1,5 million d'enfants juifs, par les nazis, durant l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale », estimait Abraham Cooper, doyen du Simon Wiesenthal Center. C'est son organisation qui a demandé l'ouverture d'une enquête policière. 

 

L'antisémitisme ne serait traditionnellement pas ancré dans la culture japonaise. Le livre d'Anne Franck a été traduit dans la langue locale en décembre 1952, et aura rejoint les listes de best-sellers dès l'année suivante. Le Japon est le second pays ou le titre se serait le mieux vendu, juste derrière les États-Unis. Son contenu constituerait une des références dans le pays pour qui souhaiterait s'y informer sur la tragédie de la guerre et des camps de concentration nazis.