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Israël-Palestine : l'avenir des livres en temps de guerre

Julien Helmlinger - 28.02.2013

Edition - International - Palestine - Israël - Bibliothèques privées


En Palestine, certains entendent bien récupérer les dizaines de milliers d'ouvrages saisis par Israël dans les foyers abandonnés des Palestiniens qui ont fui la guerre en 1948. Tandis que la collection d'une importante valeur se trouve depuis conservée au sein de la Bibliothèque nationale de Jérusalem, chaque livre reste marqué de la mention « propriété abandonnée » et les deux parties ne voient pas les évènements du même oeil. Un vol, un sauvetage ? C'est selon...

 

 

 Bibliothèque nationale d'Israël

 

 

Si du côté palestinien on évoque le Grand casse des bibliothèques privées, certains commentateurs d'Israël en revanche affirment avoir préservé les ouvrages abandonnés pour les restituer un jour à leurs propriétaires.

 

Un Israélien impliqué dans le processus de catalogage de la Bibliothèque nationale, Uri Palit, a ainsi déclaré à l'AFP : « Nous avons écrit les noms des propriétaires au crayon sur les livres ... parce que nous voulions les retourner un jour, quand il y aurait la paix. [...] Nous ne pouvions agir autrement. »

 

Selon lui il ne pourrait y avoir de restitution sans que des descendants des propriétaires n'en fassent la demande, accompagnée d'une preuve de propriété. Or, de telles preuves ont souvent eu l'occasion de disparaître parmi les destructions de la guerre et les 60 années écoulées depuis.

 

Pour Gish Amit, l'universitaire israélien qui avait voulu écrire une thèse sur le sujet, il y aurait bel et bien eu volonté d'appropriation des collections privées par la Bibliothèque nationale.

 

Il a confié à l'AFP : « Le pire, c'est le refus de la Bibliothèque de reconnaître l'injustice qui a été faite aux Palestiniens .... Quand j'ai parlé aux bibliothécaires là, ils me disaient que c'était un acte de sauvetage, même aujourd'hui. C'est ce que je ne peux pas accepter. »