Bookcrossing à Milan : Mein Kampf dans un salon de coiffure, scandale

Nicolas Gary - 01.08.2015

Edition - International - Mein Kampf - Milan coiffeur - Italie livres


De quoi se faire des cheveux blancs : un coiffeur italien avait monté un espace où les clients pouvaient laisser leurs livres. Une sympathique attention, permettant de passer en temps, en attendant la coupe, avec un peu de lecture. Et toujours plus stimulante que les éternels tabloïds et autres magazines féminins. Sauf qu’une cliente, de confession juive, est tombée sur un vilain bouquin : Mein Kampf, au milieu des autres ouvrages.

 

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Ia Ezwa, CC BY NC ND 2.0 (photo d'illustration)

 

 

La boutique située à Milan ne pensait certainement pas à mal, en confectionnant cet endroit dédié aux livres, bien au contraire. « Nous avons cette étagère en verre, où les clients prennent et laissent les livres. », explique le gérant de l’établissement. Une forme dérivée du bookcrossing, cet échange de livres par abandon, dans des endroits plus ou moins insolites, qui est est aujourd'hui assez répandue.

 

Sauf que la présence du livre d’Adolf Hitler lui a soudainement fait prendre des allures assez sinistres. « Nous ne savions pas que, parmi d’autres, se trouvait Mein Kampf. À peine l’avons-nous découvert que nous avons pris les mesures pour le supprimer. »

 

Daniele Nahum, chef du parti démocrate de Milan, et membre de la communauté juive de la ville, a immédiatement pris contact avec le patron, pour obtenir une explication. L’homme, qui n’est pas cité par la presse, assure qu’il a fait disparaître le livre dès que la polémique s’est répandue. Et se défend en expliquant que les clients laissent chez lui les ouvrages qu’il veut. « Il pouvait contrôler », estime cependant le politicien milanais, pour qui il s’agit « d’un fait inacceptable ». 

 

Évidemment, la communauté juive de Milan s’est émue, d’autant plus que le livre a été découvert par l’une de ses membres. « Nous avons quitté le magasin immédiatement », assure-t-elle. Elle se serait d’ailleurs empressée de tout raconter sur Facebook, pour dénoncer le comportement de ce salon, et, citée par La Répubblica, d’ajouter : « Nous ne remettrons jamais les pieds dans cette boutique, parce qu’ils détestent les juifs. Inutile de dire que l’antisémitisme en Italie est sournoise, mais elle est clairement visible, aux yeux de tous. »

 

Le message semble avoir été supprimé de Facebook depuis. Mais la mauvaise publicité semble d'autant plus étonnante qu'en découvrant l'établissement, on a du mal à lui trouver des relents de national-socialisme. Quant à revendiquer, quand on est coiffeur, l'homme du IIIe Reich en guise de modèle, c'est l'assurance de flinguer son commerce, parce que sa coupe de cheveux ne fait plus vraiment fuhrer. (merci à Pierre Desproges pour ce calembour)

 

Crédit Facebook