Italie : le papier, c'est banal et l'ebook c'est un produit de luxe ?

Clément Solym - 20.07.2011

Edition - Justice - tva - ebook - italie


À quelques jours d'intervalle, les mêmes questions se posent d'un pays à l'autre. Dans l'ensemble du monde, les TVA diffèrent entre les livres papier et numériques. Mais cette différence génère un certain agacement, en Europe, en particulier, alors que Bruxelles se montre particulièrement bornée sur la question.

Et alors qu'en Espagne, le ministre de l'Intérieur tentait de calmer le jeu, en arguant qu'il n'y avait qu'à Bruxelles que la question pourrait être tranchée. (notre actualitté) Or, Marco Polillo, président de l'Associazione Italiana Editori, explique son point de vue sans ménagement à l'all'AgenParl.

« Le vrai problème c'est que le mercato rend difficile de comprendre pourquoi l'ebook, dont les prix au détail devraient être bien plus bas que ceux d'un livre papier, est plus bas, mais jusqu'à un certain point. »

Pointant les grandes différences immédiatement perceptibles par un esprit sagace - absence de support physique, pas d'impression, pas de transports, pas de stocks, vente numérique (et pour cause) - Marco Polillo peste et enrage définitivement, parce qu'en dépit de tous ces éléments, les livres numériques sont plus chers.

« Pourquoi, dans ce cas, un produit qui contient les mêmes choses, mais sur des supports différents, devrait alors avoir deux TVA différentes ? Comment un éditeur pourrait satisfaire le marché alors qu'il existe un différentiel de 16 points qui va aux impôts ? » Et plus particulièrement dans un contexte où le livre numérique obsède tout le monde.

Et d'assurer que si, par la faute de Bruxelles, la TVA est maintenue à ce niveau si fort, les éditeurs ne pourront pas développer d'offre. Il suffit de penser à l'offre que l'on pourrait mettre en place dans les établissements scolaires, sur le principe de cartables numériques, pour comprendre que la TVA doit être réduite. Sans quoi, pas d'innovation.

« Songez donc que les fichiers numériques vont probablement avoir une incidence importante sur la possibilité de trouver des alternatives pour les aveugles. » Sauf qu'avec la TVA actuelle...

Et de conclure que cette différence de 16 %, entre deux produits qui sont identiques, mais différenciés de la sorte ralentit le marché. « Cela permet de conserver le même produit, en deux versions, comme si l'une était la version normale, et l'autre, la version de luxe. »