Italie : Le voleur de la bibliothèque de Naples... était son directeur

Clément Solym - 24.05.2012

Edition - Justice - Italie - bibliothèque - Naples


Ils n'ont pas été déçus, les enquêteurs diligentés pour savoir ce qu'il advenait des livres de la plus ancienne bibliothèque de Naples. C'est que même le conservateur de l'établissement, la bibliothèque des Girolamini de Naples, s'est retrouvé impliqué dans cette vilaine histoire. 

 

Au cours de leur enquête, les avocats Michele Fini et Antonella Serio ont pu inscrire le nom de Don Sandro Marsano, ainsi que celui de quatre autres personnes accusées de complicité de détournement d'oeuvres.

 

Pas banale, cette petite entreprise de haute criminalité. Au cours des dernières semaines, le directeur en personne, Massimo Marino de Caro, a donc été rejoint par d'autres membres de l'établissement dans cette sombre histoire de vols. 

 

Napoli - Chiesa dei Girolamini

 

 

Le procureur italien, Giovanni Melillo, a eu la charge de reconstituer tout le déroulé de ces crimes. Et ce, en dépit des difficultés rencontrées - les intéressés n'étaient pas bien bavards sur le sujet. Marsano, le bras droit, aurait eu un rôle immédiat dans la disparition des volumes. Sous prétexte de retirer temporairement les livres de la bibliothèque, avec des excuses toujours plus ou moins plausibles, les différents inculpés ont progressivement escamoté de grandes quantités de livres. 

 

On déplore ainsi la perte de 257 titres, et pas des moindres, certains remontant au XVIe siècle.

 

L'enquête, menée par la police de la protection du patrimoine a été coordonnée avec le procureur de Naples. Elle avait débuté avec des plaintes faisant état de la disparition de livres dans cette bibliothèque historique. L'action du procureur a ainsi conduit à l'arrestation de cinq personnes pour le vol de livres et de manuscrits anciens. 

 

En guise de circonstances aggravantes pour le cas des personnes arrêtées, elles sont également accusées d'avoir porté atteinte à l'administration du patrimoine culturel. Ayant profité d'une liberté absolue dans leurs actions, il semblerait que le réseau de rediffusion des oeuvres, pour leur vente, impliquerait des personnes de l'administration publique ainsi que de la congrégation religieuse.

 

Selon Melillo, « la perte financière pour l'État n'est pas encore déterminée, mais elle est très importante ». Désormais, il s'agit pour les autorités policières de déterminer comment le circuit de revente s'était mis en place - et bien évidemment, de tenter de récupérer l'intégralité, ou un maximum, des ouvrages volés.