Italie : Les difficultés financières du groupe Mondadori s'accentuent

Nicolas Gary - 14.10.2014

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Alors que la valeur boursière de la maison italienne Mondadori, premier groupe éditorial du pays, continue de se déprécier, les analyses les plus simples surgissent. Entre 2000 et 2014, la valeur des parts est partie de 40 € à 69 centimes. L'action n'oscillait déjà plus qu'entre 3 et 4 € voilà cinq ans. Que se passe-t-il dans la boutique de Silvio Berlusconi, que dirige sa fille, Marina ?

 

 

 

À son plus haut, en 2000, le groupe Mondadori avait réussi à remonter une vilaine situation. En mars 1999, le groupe culminait à 13,95 € l'action, et l'augmentation fut presque aussi immédiate que la descente aux enfers fut abrupte. La capitalisation boursière est d'ailleurs tombée au plus bas : 185,5 millions €, et la situation des salariés est complexe. 

 

Arnoldo Mondadori Editore a rejoint le portefeuille des activités de Silvio Berlusconi en 1988 – ce fut d'ailleurs, historiquement, l'éditeur des histoires de Mickey Mouse, dès 1932, en Italie. Mais l'entreprise est immanquablement dans une difficulté financière, au point que le Cavaliere et sa fille, qui dirige la société, sont dans l'impossibilité de redresser la barre. Et dans ce cas, la vente deviendrait la dernière issue.

 

Mais l'édition italienne n'est pas au beau fixe : avec 1,6 million d'Italiens qui ont arrêté de lire – la tranche qui lisait un livre par an, le marché est en berne. Le chiffre d'affaires reste au-dessus de 3 milliards €, mais avec presque 17 % de pertes depuis 2010. Un entrepreneur audacieux pourrait toujours se lancer dans l'opération, mais avec des risques financiers évidents. Le nom d'Ernesto Preatoni semble revenir : cet entrepreneur qui a réussi dans le tourisme et la finance, est agressif, indépendant, et durant les années 80, a su réaliser d'excellentes opérations. 

 

Invité régulier des talk-shows à la télévision italienne, il serait pressenti, dans l'idée où Mondadori déciderait bel et bien de se faire racheter. Pour l'instant, le commentaire officiel reste que la cession est exclue, explique Ernesto Mauri. 

 

Pourtant, la réunion du conseil d'administration qui devait porter sur l'approbation du rapport financier pour la période qui s'achevait au 30 septembre vient d'être reportée. D'une journée, certes, et au 13 novembre. Mais tout devient inquiétant, quand on commence à s'inquiéter... 

 

En juin dernier, Silvio Berlusconi décidait de réduire sa participation à 50 % dans le groupe Mondadori, considérant que la firme avait besoin d'apports financiers de nouveaux investisseurs. Avec 31,7 millions €, c'était un souffle nouveau alors que l'action plafonnait encore à 1,06 €. La holding familiale de Berlusconi Fininvest, qui contrôle également la société de télévision Mediaset et le football club de l'AC Milan, a ramené sa participation à 50,02 % – contre 53,06 %. (via Affaritaliani)