Italie : Quand les livres font sortir plus rapidement de prison

Nicolas Gary - 13.05.2014

Edition - International - prisonniers - remise de peine - lecture de livres


Le Conseil régional de Calabre a reçu le 5 mai dernier le projet de loi du conseiller pour la Culture, Mario Caligiuri. Ce dernier porte sur l'accès à la lecture dans les prisons, et la réhabilitation des prisonniers. Selon l'élu, « la lecture est un antidote extraordinaire à la détresse et favorise la sensibilisation et la rédemption personnelle et sociale ». Ce programme s'inscrit dans le cadre d'une volonté politique d'encourager à la lecture, et de favoriser le marché du livre. 

 

 

ex carcere delle murate

imagina, CC BY NC SA 2.0, sur Flickr

 

 

Les prisonniers ayant écopé d'une peine supérieure à six mois de prison pourront accéder à des livres, leur permettant de réduire leur peine. Trois jours de remise par livre, avec un maximum de 48 jours de remise de peine annuels. Les contrôles seront opérés par les autorités carcérales. « Cette initiative que nous soumettons au Parlement s'inspire de l'expérience position, notée dans certaines prisons brésiliennes, où elles ont produit des résultats significatifs. »

 

En effet, en juin 2012, les pouvoirs publics brésiliens avaient décidé de mettre en place un programme, Rédemption par la lecture, sur le même principe de 12 livres lus maximum par an, pour obtenir 48 jours de remise de peine

 

Pour les prisonniers italiens, la limite est fixée à 16 ouvrages annuels. Il faudra encore que le projet de loi soit discuté par le Conseil régional, et par la suite, devant le Parlement, pour qu'il entre en vigueur. 

 

En marge de cette adoption, c'est une autre pratique littéraire, manifestement très ancrée à Naples, qui a été votée. Il s'agit du Libro sopsendo - deux livres achetés, et le second offert à une personne n'ayant pas les moyens de s'en procurer. L'initiative devrait bien entendu favoriser le commerce du livre dans les librairies. 

 

Raccourcir la durée de détention par la lecture est une idée qui ne manque cependant pas de contradicteurs : certains considèrent que toutes lectures ne sont pas bonnes pour des prisonniers - et bien entendu, des listes d'ouvrages à interdire pourraient être envisagées. Alors qu'au Royaume-Uni, les prisonniers n'ont, eux, plus le droit de recevoir de colis contenant des ouvrages, pour lutter contre l'envoi de drogue, la mesure reste louable.

 

Toutefois, elle s'inscrit dans une mesure plus pragmatique encore : désengorger les prisons, dont les cellules sont bondées. Pour des prisonniers condamnés pour des peines minimales, finalement, la solution de la lecture devient une manne. (via Corriere Della Sera)