Italie : un éditeur sur 10 fermera son entreprise en 2020

Nicolas Gary - 12.05.2020

Edition - International - faillite Italie éditeurs - édition Italie covid19 - chiffre affaires éditeurs


La phase 2 entamée, l’Italie sort de chez elle, depuis ce 4 mai. Une semaine avant la France, le Bel Paese reprenait sa belle couleur rouge — le vert de rage et le blanc comme un linge avaient dominé. Certaines restrictions persistent, mais pour nombre d’industrie, l’heure du bilan sonne. Et la filière livre prend peur.

Giunti al Punto librairie
ActuaLitté, CC BY SA 2.0
 

Selon les données de l’Osservatorio de l’Associazione italiana editori, l’édition est définitivement à genoux. En mars, 29 % des maisons envisageaient une perte de chiffre d’affaires de plus de 70 %. Elles sont désormais 56 % à prévoir plus de 50 % de pertes. Avec pour conséquence directe qu’un éditeur sur 10 est menacé de fermeture. Et 21 % des répondants estiment que l’arrêt de son activité est probable.

Pour 2020, 32 % des titres prévus sont annulés, révèle également la 4e enquête de branche, résultant de données collectées entre les 19 et 23 avril. 

« Cette urgence aura des impacts importants non seulement pour l’emploi, puisque les petits et moyens éditeurs représentent une part significative du monde du livre », assure Ricardo Franco Levi, le président de l’AIE. Et plus largement, sur le pays : volume de vente, appauvrissement de l’offre culturelle, des messages répétés, que le gouvernement et le parlement tardent à entendre.

L’angoisse est tenace : 47 % des éditeurs pensent peu probable que leur entreprise ferme, mais le redoutent tout de même. Seuls 23 % excluent cette hypothèse fermement. 

Or, note Diego Guida, président du groupe des petits éditeurs, la baisse de la production ne fait que croître. Entre mars et avril, elle avait diminué de 35 % ; les prévisions pour mai-juin tournent autour de 59 %. Mais dans tous les cas, ce sont 21.000 ouvrages qui ne sortiront pas cette année.

Et le numérique n’a pas fait autre chose que sauver les meubles, de loin en loin. Seuls 14 % des éditeurs notent une hausse des ventes d’ebooks de plus de 40 %. Les ventes en ligne d’ouvrages papier ont grimpé de 40 % pour seulement 2 % des maisons. Et 16 % indiquent que les ventes sur leur propre site affichent plus de 40 % de hausse. 

Socialement, le désastre est proche : 35 % des maisons ont demandé aux salariés de poser leurs congés non utilisés. 34 % en ont mis certains en chômage partiel, 31 % la totalité de leur équipe. « Bref, les moteurs sont presque éteints. »

Une lueur d’espoir cependant : seuls 2 % des petits et moyens éditeurs estiment que 2020 établira un chiffre d’affaires identique à 2019, grâce à une reprise durant le second semestre. 57 % parient plutôt sur une reprise de l’activité en 2021, et 33 % en 2022. 

Ils sont 8 % à considérer qu’elle ne viendra pas avant 2023, voire plus tard…


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