J'accuse ! aux éditions des Saints Pères

Laure Besnier - 12.01.2018

Edition - Les maisons - Manuscrit Zola - Saints Pères édition - Pamphlet J'accuse Zola


Le nouveau manuscrit des éditions des Saints Pères n'est autre qu'un monument de l'histoire française. 120 ans après la parution du pamphlet d'Émile Zola dans le journal L’Aurore, la maison édite le manuscrit de J’accuse…!, symbole de l’engagement, d'éloquence et de lutte pour la vérité. 

 




Petit rappel historique : à la fin du XIXe siècle, antisémitisme ainsi que haine de l’Empire allemand règnent dans la société française, suite à l'annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine en 1871. En 1894, Alfred Dreyfus est accusé d’avoir livré des documents à l’Allemagne. Le capitaine proclame son innocence, mais un dossier est rapidement constitué contre lui, essentiellement composé de faux. Le 22 décembre, il est reconnu coupable de haute trahison et condamné à la dégradation ainsi qu’à la déportation à l’île du Diable (au large de la Guyane). 

 

On finit par découvrir que le général Esterházy est coupable. Mais il est acquitté par le conseil de guerre, rendant impossible toute révision du procès. 

 

Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie dans L’Aurore, sous le titre J’accuse…!, une lettre ouverte au président de la République Félix Faure, dans laquelle il attaque l’état major, qu’il accuse d’avoir condamné Dreyfus sans preuve. 

 

Au total trois cent mille exemplaires du journal s’arrachent en quelques heures. L'article fait scandale. Résultat pour l'écrivain : un an de prison et 3000 francs d’amende. Son procès, en février 1898, provoque une émeute, rendant l’affaire publique et politique. 

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Comme l’indique Anatole France : « Sa parole courageuse a réveillé la France ». En effet, le pamphlet finit par diviser la Troisième République entre « dreyfusards » (partisans de l’innocence de Drefus) et leurs détracteurs.

L'article est devenu le symbole de l’injustice et de la recherche de vérité, et l'Affaire Dreyfus est l'une des erreurs judiciaires les plus marquantes de l’histoire française, dans laquelle la presse et l’opinion publique ont joué un grand rôle. Une exposition est d'ailleurs consacrée à l'affaire au Musée de Bretagne, à Rennes

 

En 1987, c’est l’arrière-petite-fille de Zola qui possède le manuscrit de 39 pages. Elle souhaite le vendre aux enchères. Mais, le ministère de la Culture et de la Communication de l’époque, François Léotard, le déclare monument historique. Aujourd'hui, il est conservé par la BnF. 

 

Dans cette édition proposée par les Saints Pères se trouve une préface de l’écrivain Jean-Marie Rouart. L’académicien écrit sur le rôle public de l’écrivain au service de la justice : « Rien sinon l’amour de la vérité ne prédisposait Zola à échanger sa position confortable d’écrivain à succès... » Un texte historique donc, à redécouvrir. 


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