J.K. Rowling contre la classification d'âge sur les livres en Angleterre

Clément Solym - 03.07.2008

Edition - Société - classification - age - Angleterre


Rowling a apporté sa pierre à l'édifice qui se dresse contre l'idée de signaler par un avertissement une classification d'âge pour les livres. Cette intervention a été très bien accueillie par les autres écrivains déjà engagés dans cette lutte, et dont ils sont bien décidés à saboter la mise à exécution qui devrait survenir en automne.

Pas étonnant, mais très attendu

« Je ne suis pas étonnée, explique la romancière Anne Fine, parce que nous savons tous qu'il n'existe pas de limite d'âge pour ses romans, et que son public est extrêmement large. »

Sur le site de Philip Pullman, notoagebanding.org, plus de 2.500 signatures ont été récoltées, et Rowling a apporté la sienne hier, aux côtés de celles de Terry Pratchett, ou Michael Rosen. Cette pétition fait valoir qu'imposer une classification d'âge est « mal conçue, porte atteinte à l'intérêt que les jeunes peuvent avoir pour la lecture et a très peu de chances de faire la différence pour les ventes ».


Dans le cas d'une personne dyslexique, on envisage aisément son embarras lors d'un achat destiné à un public très jeune, bien que le livre soit accessible pour elle, plus âgée que le signalement. Ce que Michael Rosen qualifiait d'inhumain et tragique...

Le monde de l'édition divisé

C'est fin avril que la controverse a éclaté, lorsque la Publishers’ Association et la Society of Authors, guidée par Random House ont insisté pour qu'une classification apparente soit apposée sur les livres. Et cela, pour aider les parents à choisir les livres pour leur progéniture. Les éditeurs jeunesse se retrouvent partagés en trois camps : ceux qui ont refusé dès le départ, ceux qui hésitent et les partisans.

Pour nombre d'auteurs, il est horrifiant que quelqu'un puisse décider qui doit ou peut lire leurs ouvrages. Et Rowling est entièrement d'accord sur ce point. La fourchette d'âge est un non-sens, pour des auteurs qui visent bien sûr une audience la plus vaste possible. Et comment imaginer un exemplaire de Potter affichant une mention hypothétique « interdit aux moins de 14 ans » ?