J.K. Rowling met l'embargo sur les pays à risque de piratage

Clément Solym - 31.07.2012

Edition - International - J.K. Rowling - Casual Vacancy - embargo piratage


J.K. Rowling serait-elle un peu parano ? On sait que la femme la plus vendeuse de livres (ou est-ce E.L. James ?) aime avoir un contrôle absolu sur l'exploitation de ses livres, et ce, de la première à la dernière phrase. La sortie prochaine de The Casual Vacancy, fin septembre, sera ainsi réservée à un certain nombre de pays, ceux jugés fiables par une auteure qui craint le piratage comme Voldemort.



Piracy Point, Bryce Canyon National Park

(auteur : Tom Simpson)


Slovénie, Italie ou Finlande : quelques-unes des destinations où J.K. Rowling ne veut surtout pas envoyer ses livres, et tant pis pour les lecteurs qui espéraient une parution pour le 27 septembre, comme un peu partout dans le monde, et notamment en France, où l'attachée de presse nous a toutefois gentiment rappelé qu'avant « la sortie le 28 (sic), c'est embargo total ». 

 

Qu'ils s'estiment heureux : la France a été jugée suffisamment sûre, au même titre que la Grande-Bretagne, les États-Unis et l'Allemagne, dont les traducteurs attitrés ont déjà reçu leur exemplaire. À se demander, d'ailleurs, si Rowling n'a pas fourni les gardes du corps avec. Le manuscrit est unique et « il n'y aura aucune épreuve, même au sein de Grasset. Les seules infos qu'on a, comme le titre du livre en français, nous viennent des dépêches AFP », nous explique-t-on.

 

Pieux bobard, ne nous leurrons pas, puisque les dépêches proviennent toujours de communiqués envoyés par la maison, justement pour alimenter en permanence les amateurs en micro-informations, et surtout, maintenir le rythme de la communication. 

 

Un modus operandi qui n'est toutefois pas neuf avec Rowling, puisqu'à l'occasion de la publication des Contes de Beedle le Barde (souvenez-vous, en 2008), Gallimard jeunesse était frappé d'une multitude d'interdits et d'embargos. « Depuis 2000, tous les livres d'Harry Potter sont soumis à un embargo semblable, destiné à protéger la création de l'auteure. Nous-mêmes ne recevons les éléments que tardivement. Mais cela répond avant tout à une demande de la communauté des lecteurs qui souhaite être tenue à l'écart et profiter pleinement de la découverte », nous expliquait alors l'éduteut Gallimard, pour expliquer l'extrême discrétion. (voir notre actualitté)

 

Embargo-ment immédiat

 

Zoe King, agent littéraire proche de Rowling, n'a d'ailleurs pas mis d'embargo, pour le coup, sur les méthodes marketing adoptées : « Nous avons décidé de laisser des éditeurs d'autres pays publier en même temps que la version anglaise, étant donné que certains éditeurs sont plus à même de répondre aux exigences de sécurité requises pour une sortie simultanée. » 

 

Un grand nombre d'éditeurs internationaux s'inquiètent de cette parano de Rowling, qui pourrait donner des idées à certains de ses confrères : auréolée de la réputation de « vendeur », un auteur aurait désormais la possibilité d'imposer à peu près tout et n'importe quoi aux éditeurs, surtout lorsqu'il est à la tête d'une industrie qui pèse.

 

D'autres jugent ces précautions inutiles et délétères pour la qualité de la traduction : « Son agent voudrait la faire passer pour une auteure de qualité pour adultes, mais en même temps ce genre de mesure oblige les éditeurs du monde entier à transgresser les règles de la bonne traduction et de l'édition », dénonce ainsi Andrej Ilc, éditeur slovène qui a acheté les droits de publication du nouveau Rowling. (voir notre actualitté)

 

L'auteure britannique agacerait tellement certains qu'ils ne voient qu'une solution : une claque à prendre.