Jack Lang : « encourager un dialogue entre historiens arméniens et turcs »

Clément Solym - 27.12.2011

Edition - International - Turquie - Jack Lang - Arménie


Dans un entretien au JDD.fr, l'ancien ministre de la Culture, Jack Lang exprime ses regrets quant à la proposition de loi sur les génocides adoptée par les députés et la conséquence directe, un sérieux gel des relations franco-turques.

 

Plusieurs députés socialistes ont fait le choix de voter pour la proposition de loi visant la négation des génocides notamment arménien. Jack Lang ne partage pas cette idée. Au JDD.fr, il explique que cette loi fait prendre le risque de balayer des siècles de coopération entre les deux pays. Jack Lang dénonce le peu de cas que font les autorités de la Turquie.

 

 

« Cette entente est une constante de la politique internationale française. Ce pays fait partie de notre histoire. Je ne comprends donc pas pourquoi, depuis cinq ans, les autorités nationales attaquent en permanence la Turquie ». 

 

L'ancien ministre de la Culture, préfère privilégier le dialogue entre Arméniens et Turcs pour que soit un jour reconnu le génocide arménien plutôt que la menace, par la biais d'une loi. « Je suis très attaché à ce que la Turquie reconnaisse un jour les massacres commis durant la Première guerre mondiale. Il faut donc tout faire pour encourager un dialogue entre historiens arméniens et turcs ». Il reste cependant optimiste et préfère combattre l'ignorance des hommes politiques sur le pays et son histoire.

 

Un texte anticonstitutionnel ?

 

Le député du Pas-de-Calais remet en cause le caractère constitutionnel de la loi.  « Je partage le sentiment de Robert Badinter: ce texte n'est pas conforme à la Constitution, puisqu'il entrave la liberté d'expression ». L'ancien garde des Sceaux, Robert Badinter, avait exprimé ses doutes sur cette loi et le rôle des parlementaires sur RTL. « Ce n'est pas aux parlementaires de dire l'Histoire (...) Le Parlement français a une compétence qui est inscrite dans la Constitution, il est là pour régler les problèmes qui se posent à la société française, il n'a pas à dire l'Histoire, ce qui est l'oeuvre des historiens ».

 

En filigrane, les deux dénoncent une opération électoraliste. Lang retient « surtout l'attitude foncièrement hostile des autorités françaises, notamment pour des raisons électorales ».