Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Jack : ne pas toucher à la loi Lang "sous prétexte d'amélioration"

Nicolas Gary - 22.04.2014

Edition - Société - Jack Lang - prix unique du livre - modernisation


La loi qui aura préservé la librairie en France est associée à un seul nom - alors même que celui de Jérôme Lindon, alors directeur des Éditions de Minuit, comptait parmi les acteurs de premier plan dans ce projet. Jack Lang, sera indissociablement lié à deux créations : la fête de la musique, et la loi qui porte son nom, et a permis l'établissement d'un prix unique du livre, fixé par les éditeurs, pour empêcher les remises alors pratiquées, avant 1981.

 

Jack Lang et Bertrand Morisset

Jack Lang face au commissaire général du Salon du livre de Paris, Bertrand Morisset

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Interrogé sur France Inter, l'ancien ministre de la Culture se souvient de la mise en place de ce texte. «  Ce n'est pas si mal que, quelques jours après notre entrée en fonction en 81, nous décidions de sauver l'édition, les livres, les librairies, par une loi courte, très courte, à la différence de beaucoup d'autres qui sont beaucoup trop verbeuses et beaucoup trop longues. » Le ministre a-t-il certains projets législatifs de l'actuel ministère de la Culture à l'esprit ? On ne le saura pas. 

 

Reste qu'en cette époque, l'adoption de la législation ne fut pas une partie de plaisir. Que ce soit les lobbies, l'hostilité des grandes surfaces… Le texte fut mis en application dès le mois d'août, « non sans difficultés. Mais finalement, nous avons gagné ce combat, finalement ratifié par la Cour européenne du Luxembourg. » Or, ce système mis en place en France, a finalement « été soutenu, encouragé, par beaucoup d'autres pays, qui se sont rendus compte qu'il n'y avait pas d'autres solutions qu'il si l'on voulait sauver la librairie et l'édition »

 

Quant à l'avenir du livre, évidemment, le ministre évoque la dématérialisation - mais n'aura pas même un mot pour la loi sur le prix unique du livre numérique, qui a inscrit ses pas dans celle de 81. Il y a «  des problèmes nouveaux liés à l'apparition du livre numérique », mais il ne faut surtout pas « sous prétexte d'amélioration, changer le système ». Autrement dit : pas de modernisation de la loi Lang, et surtout, pas de modification tout court ?

 

Que penserait alors Jack Lang de la loi sur la vente à distance de livres, qui vise à interdire le cumul de la remise légale de 5 % et de la gratuité des frais de ports, pratiqués par les acteurs de la vente en ligne ? La Commission européenne et l'Autriche ont émis un avis circonstancié, récemment, alors que la France avait oublié de notifier la CE et les États membres de sa législation. Entraînant un retard qui frappe par la même occasion, l'accord entre auteurs et éditeurs, autour du contrat à l'ère numérique.

 

Dans le même temps, ce livre numérique « ne connaît pas en France le même essor qu'aux États-Unis », souligne avec finesse l'ancien ministre. Selon lui, il importe avant tout chose, « mais je crois que le gouvernement y a veillé, à renforcer les librairies indépendantes et qu'elles-mêmes se modernisent ». De sorte qu'elles soient plus en mesure de rivaliser avec les sites de vente en ligne.

 

Et de conclure : « Mais je suis plutôt optimiste. »

 

A retrouver sur Comme on nous parle