Jan Trefulka, dissident et écrivain tchèque, est décédé

Clément Solym - 23.11.2012

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Jan Trefulka, signataire de l'historique Charte 77 contre la répression orchestrée par le gouvernement communiste de Gustáv Husák en République Tchèque, a également développé une oeuvre qui le rapprocha notamment de Milan Kundera. Décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 83 ans, ses funérailles seront célébrées à Brno le 29 novembre prochain.

 


 

Natif et résident de Brno, Trefulka connaît des déboires avec le parti communiste dès le Coup de Prague en 48, et sera chassé de l'université pour une plaisanterie dont Milan Kundera s'inspire pour son roman du même nom. Il est contraint à exercer des travaux manutentionnaires, pour rester dans l'ombre.

 

Jan Trefulka a commencé sa carrière en tant que journaliste au sein de Kulturni, puis du magazine littéraire Host, dont il devient le rédacteur en chef à la fin des années 60. Parallèlement, il fait son entrée dans le champ de la littérature avec Une pluie de bonheur (Pršelo jim štěstí en VO), qui s'appuie sur ses démélés avec le Parti communiste.

 

Dans les années 70, Trefulka s'engage contre la « normalisation » de la République tchèque aux côtés de ses confrères, comme le souligne le rédacteur en chef de la revue littéraire Host, Miroslav Balastik : « Jan Trefulka faisait partie avec Milan Kundera, Ludvik Vaculik et Arnost Lustig d'une génération extraordinaire pour laquelle le métier d'écrivain était une mission. »

 

Très actif au sein du mouvement Samizdat, qui fait circuler les écrits bannis du bloc soviétique, Trefulka peut se permettre une vie publique après la chute du bloc en 1989, en s'engageant notamment comme Président de l'Association des écrivains de Moravie-Silésie.