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Japon : la Bibliothèque de la Diète nationale au régime numérique

Antoine Oury - 23.09.2013

Edition - Bibliothèques - Japon - Bibliothèque de la Diète - numérisation


Depuis 2009, la Bibliothèque de la Diète nationale (NDL) a entamé un large programme de numérisation des archives rassemblées entre ses murs. CD, DVD, livres... L'ensemble des documents représente 730 kilomètres de rayonnage, et le gouvernement japonais a considérablement accéléré la manoeuvre, afin de mettre à la disposition d'un plus large public les réserves de l'établissement...

 


Bâtiment principal de la Bibliothèque de la Diète nationale (, CC BY-SA 3.0)

 

 

Comme souvent dans les cas de numérisation de masse, c'est l'arrivée de Google Books et de ses scans à la louche qui ont décidé les autorités nationales à lancer un programme de valorisation numérique des documents. Quelques ouvrages japonais se sont en effet retrouvés dans les scanners de Google, et les éditeurs du pays ont alors fait part de leur mécontentement.

 

Aujourd'hui, la NDL a numérisé 2,25 millions d'oeuvres, tous supports confondus. Les investissements publics ont été considérables, avec 12,7 milliards ¥, soit 128,7 millions $, investis en 4 ans : c'est à peu près 100 fois plus que le montant originel accordé à la numérisation. Grâce à un système comparable au dépôt légal en France, la bibliothèque dispose de l'intégralité des produits culturels commercialisés dans le pays.

 

Toutefois, sur ces millions de documents numérisés, moins d'un quart d'entre eux (470.000) sont librement accessibles au public sur le portail de la bibliothèque nationale, respect du droit d'auteur oblige. « Nous devons travailler avec les ayants droit, les éditeurs et les bibliothécaires pour définir l'usage des oeuvres sous copyright. Plutôt que de simplement mettre les documents à la disposition des usagers de la NDL, il serait judicieux de permettre aux entreprises éditeurs d'y accéder, à des fins commerciales », estime Takehiko Sato, directeur général de la section numérique.

 

D'autant plus que le monde asiatique, à la suite de la crise monétaire de la fin des années 1990, avait promis l'émergence de nations numériques, nées des relations entre nouvelles technologies, culture et esprit d'entreprise. La Corée du Sud, pays voisin, a ainsi lancé son propre programme en 1998, qui avait commencé sur les chapeaux de roues avec la création de la version numérique de la Bibliothèque nationale, estimée à 10,5 milliards ¥, soit 108 millions $.