Jauges renforcées, protocoles stricts : l'épineuses réouverture des commerces

Nicolas Gary - 08.11.2020

Edition - Economie - librairies Covid internet - vente distance librairies - commerces Bruno Maire


Comment ignorer la pression qu’endurent les commerces pour la seconde fois fermés cette année ? Le Confinement deuxième du nom sévit depuis une dizaine de jours, et Bruno Le Maire tente d’apporter une parole apaisante. Avec quelques pistes pour amorcer une réouverture covido-compatible. 

Click and collect en librairie
 

Le ministre de l’Économie assure que le gouvernement maintiendra sa solidarité vis-à-vis des commerces — les mesures sont connues : 10k€ du fonds de solidarité, activité partielle, exonération de charges, loyers allégés. Mais cette période de novembre/décembre représente pour nombre d’entre eux le point culminant d’une année,  comme «  les magasins de jouets, les libraires, la parfumerie… », aligne Bruno Le Maire auprès du JDD.

Dans le cas de la librairie, on évoque facilement 25 % du chiffre d'affaires sur les deux derniers mois de l'année. Et depuis que cette seconde vague de confinement s'est profilée, l'activité contrainte des points de vente du livre oblige à de périlleuses acrobaties.
 
L’objectif, souligne Bruno Le Maire, est bien une réouverture « dès que la situation sanitaire le permettra. Cela ne pourra cependant s'envisager qu'avec de nouvelles règles sanitaires », affirme le ministre. Des curseurs plus élevés, donc, mais lesquels ?
 

Contraintes et numériques


Les nouvelles mesures, Matignon et l’Élysée les examineront prochainement. Pour l’heure, Bercy envisage des jauges d’accueil renforcées – au-delà, donc, de 4 m2 par client. Mais également des prises de rendez-vous pour  se rendre sur place. « Et les protocoles sanitaires devront être plus stricts », assure-t-il. 

Revenant sur les questions numériques et le cybercommerce, il rappelle qu’une TPE sur trois dispose d’une infrastructure digitale, contre deux tiers en Allemagne. Pour autant, positionner « Amazon comme bouc émissaire n'est pas la solution : cet acteur ne représente que 20 % du commerce en ligne en France ». Peut-être, mais dans le secteur du livre, la concurrence par les libraires n’a rien de simple : Amazon vend autour de 1,3 livre sur 10 dans l’Hexagone.

Le ministre ne verse donc pas dans le Amazon bashing ni l’appel au boycott comme les avaient déclenchés Anne Hidalgo et Roselyne Bachelot. En revanche, un label numérique est à l’oeuvre et une aide de 500 € pour tout « commerce fermé administrativement », afin de l’aider à la numérisation. Ce seraient 120.000 entreprises que la mesure concernerait.

« L'objectif est d'arriver à 50% de commerces digitalisés d'ici à 2021 », ajoute-t-il, avec d’autres aides aux communes pour former des plateformes locales. De quoi prévoir un troisième, voire un quatrième confinement…
 

“Il faut vraiment que l'on rouvre”


En l’état, le maintien de la librairie sous le format Clic & Collect devient chaque jour un peu moins viable. Depuis le sud de la France, l’un d’eux se désole de voir « que le centre commercial Leclerc et sa galerie sont bondés de monde […] avec de la vente de produits pris dans les rayons soi-disant fermés ». Et ce, sans prendre spécifiquement en compte les règles sanitaires.

Click and collect en librairie

 
« Et pendant ce temps le centre-ville est vide... Si d'aucuns ont peur de notre réouverture, ou peur d'y travailler, cela ne les empêche pas de courir dans les grandes surfaces embouteillées. » Et la situation devient complexe : « Nous ne pouvons pas nous laisser dépérir alors que les centres commerciaux et Amazon croulent sous les achats, laxistes sur les gestes barrières dans un cas, et sans payer d'impôts dans l'autre. »

Alors que le retrait en magasin nécessite de conserver tout son personnel, pour n’aboutir à ce jour qu’à un chiffre d’affaires réduit à un quart de ce qu’il est habituellement, plus rien ne fonctionnera : « Comment payer les salaires dans peu de temps avec le seul retrait en magasin ? »

Il conclut : « Il faut vraiment que l'on rouvre.... On ne peut pas vivre en faisant le quart du CA normal avec 100 % des libraires présents, et légitimement inquiets et mécontents de leur nouveau job de "picking" et d'étiquetage.... Si en novembre nous réalisons le tiers du CA normal avec 100 % des charges personne ne tiendra. Et financièrement, dans notre cas, nous perdrons entre 80 et 100 k€ par rapport à un novembre normal.... Qui fera les paies ? Et comment ? »


crédits photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
« « L'objectif est d'arriver à 50Þcommerces digitalisés d'ici à 2021 »

Ce sera donc « clic et doigt » ou « doigtée librement » ?
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