Je n'aime plus les animaux, le mien est mort...

Clément Solym - 16.07.2012

Edition - Les maisons - mort - animaux - émotions


La rencontre est douloureuse. Les éditions Gulf Stream ont publié un ouvrage de Michel Boucher début mai, qui avait tout de petit livre jeunesse sur les relations sociales entre un jeune garçon et une faune hétéroclite complexe. Titré J'aime plus les animaux !, le livre était placé en bonne position sur la liste des lectures à faire. Mais pour le coup, la chute nous a laissés cois.

 

Bougon du début à la fin - ou presque - le petit garçon que met en scène Michel Boucher a quelque chose de monomaniaque. Le scénario est toujours le même : page de gauche, notre capricieux enfant, page de droit, un dessin d'animal (ou d'animaux), heurté par une phrase toujours méchante. C'est une tortue et un escargot qui ouvrent les hostilités : « Escargots et tortues, je ne vous aime plus ! »

 

 

A retrouver dans notre librairie, avec Decitre

 

Le déroulé se poursuit avec une petite vingtaine d'animaux, parfois réunis en un couple improbable, mais avec un dessin toujours accompagné d'une terrible sentence, affirmant que « Tout, tout, tout est fini entre nous, tout, J'ai plus la force du tout, d'y croire et d'espérer », comme le chantait la délicieuse Lara…

 

Alors, pourquoi tant de haine, se demande l'adulte circonspect, face à cette manifestation de désamour ? D'autant qu'une seule fois, notre petit garçon témoigne de la tristesse, le reste de ses grimaces étant plus proches de la colère… Fâché ? Oui, c'est certain. Mais à cause de quoi ? Eh bien, c'est à la dernière page que l'on comprendra, et que tout s'éclaire. 

 

[Attention, Spoiler /on]

 

Mon chat s'appelait DOMINO, 

il avait des taches sur le dos.

Depuis qu'il est parti là-haut, 

je n'aime plus les animaux

 

Et un petit dessin de chat, figuratif, dessiné par des étoiles, avec une petite queue, accompagne le texte.

 

[Attention, Spoiler /off]

 

Le livre m'en serait tombé des mains. C'est assez fort, pour évoquer la colère que peut provoquer la mort, avec un enfant, que de s'appuyer sur ce livre. Si la question est nécessairement délicate, le livre présente bien la disparition comme un moment triste et douloureux, que l'on peut essayer de mieux appréhender. 

 

Petit regret, simplement, ce « là-haut », pas nécessaire, à mon goût, et la figure n'était pas vraiment utile. Cela n'enlèvera rien à la justesse du livre, servi par un dessin simple, aux animaux très expressifs. Petite découverte...

 

 

Mise à Jour 17/07 12h : 

Aimablement, Michel Boucher nous a contactés. L'interprétation qui fut la nôtre de ce « là-haut » n'était pas tout à fait du tout la bonne. « Pragmatique, je voulais faire référence au système solaire : chaque étoile représentant alors un être cher disparu, ou quelque chose de similaire, plutôt qu'aux portes de l'enfer ou du paradis. »

 

Correction faite, et mea culpa.