'Je publie mon livre' de Chapitre.com : nouvel acteur de l'autoédition

Nicolas Gary - 19.04.2014

Edition - Société - Académie Balzac - Chapitre.com - autopublication


Chaque semaine, ActuaLitté, partenaire de l'Académie Balzac, revient sur l'actualité du premier défi littéraire qui sera entièrement filmé. Petit rappel : l'Académie, ce seront donc 20 auteurs, réunis dans un château, avec une piscine, pour écrire à 40 mains un livre - certainement une sorte d'OVNI. Le tout filmé 24/24H. Et pour prendre part à la compétition, tout se passe ici.

 

Balzac en Saint patron... 

 

 

L'une des conditions premières, pour prendre part à cette aventure, est d'avoir publié un livre - que ce soit chez un éditeur, ou en tant qu'auteur indépendant. Et l'événement de la semaine, notent les organisateurs, c'est le nouveau service que Chapitre.com vient de proposer, Je publie mon livre. « L'édition oublie qu'elle doit tout aux auteurs et elle laisse les nouveaux entrants partir chez Amazon Publishing. Il est urgent que l'édition française se réveille. Le reportage du 16 avril sur Arte décrit très bien comment Amazon Publishing est en train de construire un monopole mondial de l'édition », note Henri Mojon, Fondateur des Éditions du Net. 

 

Avec ce service, Chapitre.com ouvre ses tables numériques aux auteurs qui souhaitent profiter de la liberté apportée par la publication indépendante. Leurs ouvrages seront proposés en format numérique et papier - au travers d'un outil d'impression à la demande, fourni par les Editions du Net. L'auteur percevra - sans avoir à payer quoi que ce soit - 70 % du prix de vente sur la version numérique et 40 % sur la version papier. 

 

Il est également possible de se fabriquer son propre livre, à partir de 6,60 €, pour un usage personnel, ou le simple plaisir de voir sa propre couverture dans sa bibliothèque. « L'autopublication n'est pas un concept abstrait, ce sont des auteurs qui découvrent qu'ils n'ont pas besoin d'attendre la réponse d'une maison d'édition pour éditer leurs livres. Mais ils ne rêvent que d'une chose : une réponse positive », souligne Henri Mojon. 

 

Pour Didier Ballot, Directeur général de Chapitre.com, « ce qui est inédit dans l'autopublication d'aujourd'hui, c'est que l'on voit des œuvres émerger, notamment grâce aux réseaux sociaux. Pour la première fois, l'environnement, notamment technologique, est propice à son développement. Les éditeurs ne peuvent pas prendre le risque de publier de nombreux nouveaux auteurs. Internet permet de faire émerger ces talents, qui ont alors vocation à entrer, plus tard, dans le circuit des maisons d'édition traditionnelles. »

 

Une concurrence directe à Amazon Publishing

 

Or, notent les organisateurs de l'Académie Balzac, le projet de Chapitre.com rejoint pleinement celui du défi littéraire : faire découvrir des auteurs. D'un côté en leur donnant les outils nécessaires pour publier leur manuscrit, de l'autre, en leur offrant un véritable réseau social pour d'auteurs, qui apporte une grande visibilité. Pour les Éditions du Net, l'engagement de Chapitre.com dans cette voie offre une occasion de plus de « de concurrencer Amazon Publishing en offrant aux auteurs une vraie édition basée sur le livre papier et la vente en librairie ». 

 

Sollicité par ActuaLitté, Henri Mojon insiste sur ce partenariat : « Le reportage sur l'autopublication diffusé sur Arte qui n'hésite pas à conclure qu'Amazon est en train de construire un monopole mondial de l'édition. Et tout cela à partir de quoi : la captation des auteurs par Amazon Publishing. » Rappelons que Kobo, conscient de ses lacunes, a décidé d'ouvrir son service d'impression à la demande en France, fin 2014. 

 

 

« Il faut voir cette auteure allemande débarquer à New York pour la parution de son livre par Amazon, parcourir tout New York à la recherche de son livre dans toutes les librairies, en vain. Elle n'a aucun interlocuteur chez Amazon et quand elle passe sur le stand Amazon d'un salon, personne n'est capable de lui répondre, bref un mépris total des auteurs. Le moindre client d'Amazon peut joindre un service clientèle capable de le renseigner sur une commande, pas un auteur ! Et le reportage nous explique qu'Amazon est déjà en position de monopole sur les livres numériques en Allemagne. La veille j'avais lu l'article dans vos colonnes décrivant la même situation en Angleterre. »

 

Alors que faire? « Il faudrait commencer par admettre que l'autopublication est plébiscitée par la quasi-unanimité des auteurs, car plus de 95 % n'arrivent pas à décrocher un contrat d'édition. Ensuite, que le succès repose sur une méthode basée qui commercialise également l'ouvrage en papier dans les librairie. Enfin, il faut des éditeurs qui admettent que ce secteur est en effet un moyen de découvrir des auteurs et des futurs best-sellers. »

 

Voici par ailleurs une petit infographie de Arte, pour expliquer le schéma de l'autoédition chez Amazon :