“Je serais morte si les bibliothèques n'avaient pas existé”

Clément Solym - 03.09.2020

Edition - Bibliothèques - mort bibliothèque livres - bibliothécaires super héros - Laurie Halse Anderson


En ces temps de masques et de suspicion, une déclaration d’amour gratuite, spontanée et sincère, personne ne la refuse. Laurie Halse Anderson, auteure de la série Les petits vétérinaires (plus de 20 tomes chez Pocket), lance un cri d’amour aux bibliothécaires. Qui n’est pas sans lien avec ses actuelles occupations éditoriales.



Pour le compte de DC Comics, Laurie Halse Anderson élabore une anthologie graphique autour de Wonder Woman. Autant dire qu’elle baigne dans les super héros et leurs pouvoirs magiques. Elle sort également d’un roman graphique, Wonder Woman: Tempest Tossed, qui explore l’adolescence de la reine des Amazones, sur le territoire de Themyscira. 

Une collaboration qui réunissait l'artiste Leila del Duca, la coloriste Kelly Fitzpatrick et Saida Temofonte pour le lettrage. 

Si l’Amérique navigue à vue dans la gestion de la crise, la figure de Wonder Woman offre un modèle fort et puissant, à partir duquel elle assure s’être construite. Sans référentes sportives majeures chez les athlètes, Laurie s’est tournée vers la série télé avec Lynda Carter, et dévorait alors les épisodes de ses aventures.

Mais l’entretien donne avant tout l’occasion de quelques remises en place. En période de pandémie, « mon coeur va vraiment en tout premier aux auteurs, en ce moment. Ils ont vraiment, vraiment besoin d’amour et d’attention », indique-t-elle. Ou encore de rappeler quelques évidences : « Les bibliothécaires et les bibliothèques sont au centre des communautés américaines : nous devons continuer de nous battre pour nous assurer qu’elles soient soutenues de manière efficace. »

Et justement, ces bibliothécaires « sont mes super héros », clame-t-elle. Depuis ses premiers cours au collège jusqu’à la découverte de grands textes, le métier incarne le courage. « Parce que certains adultes se sentent menacés à l’idée d’avoir avec leur enfant une conversation sur la violence sexuelle, ils préféreraient que les livres en parlant soient supprimés. Et ne pas avoir cette conversation. »
 
Or, c’est bien dans les bibliothèques que se trouvent les réponses, pour des enfants qui comme elle, n’ont pas pu avoir de dialogue. « Nos enfants comptent sur nous pour leur apporter des conditions d’apprentissage sures et responsables, et avoir des conversations sur les choses auxquelles ils sont confrontés jour après jour. »

Les bibliothèques dans sa propre vie ont joué un rôle majeur : « Je serais morte si elles n’avaient pas existé. Mon père était atteint d’un syndrome post-traumatique, après son expérience de soldat, et j’ai été violée à l’âge de 13 ans – sans rien en dire à quiconque avant des dizaines d’années. J’étais en vrac. »

Et de poursuivre : « J’allais arrêter les cours, je me défonçais et la bibliothèque était mon sanctuaire. Les bibliothécaires savaient ce que j’avais vraiment besoin de lire. Et l’espace autant que la plongée dans les livres m’ont gardé en vie durant ces nombreuses années de paralysie. »


via ALM


ndlr :  Les petits vétérinaires ont connu plusieurs traducteurs : Sophie Dieuaide, Joy Boswell et Kidi Bebey.

illustration Larry D. Moore CC BY SA 4.0


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