"Je vais faire un massacre en France" : l'incendiaire de Besançon jugé pour menaces

Camille Cornu - 18.12.2015

Edition - Justice - Zephirin Teyou - Besançon Incendie - menaces


Réfugié politique, Zephirin Teyou ne parvenait pas à obtenir d'aides pour créer sa maison d'édition. Il avait donc menacé de "faire un massacre en France", avant de passer à l'acte en mettant le feu à l'hôtel de ville de Besançon. Pour cet incendie, il avait été condamné à cinq ans de prison. Pour les menaces proférées, sa peine vient d'être ralongée de six mois. 

 

Besançon - Hôtel de ville

 

 

Le 19 juin, six jours avant qu'il ne déclenche l'incendie, Zephirin Teyou était arrivé à l'hôtel de ville vers dix heures. Son but était alors d'entreprendre une grève de la faim... Il exigeait de pouvoir disposer d'une maison d'édition pour publier ses propres livres, qu'il ne pouvait plus publier au Cameroun :  « J’ai en réalité quitté un tombeau à ciel ouvert pour un sarcophage », écrivait-il dans un courrier à l'Est Républicain.

 

Les employés municipaux lui faisant comprendre que la police ne saurait tarder à le déloger, il s’était emporté, déclarant : « Vous pouvez m’abattre, je ne céderai pas ! Je vais faire un massacre en France ! Je vais tout casser, je peux tout casser ».

 

Face au juge, l’homme de 46 ans a expliqué : « Mon intention n’a jamais été de viser des êtres humains, ma culture du rapport à l’autre m’interdit les violences sur des êtres humains. Quand j’ai dit que j’allais faire un massacre, je visais les biens, pas les personnes (...) Je l’avais précisé dans un courrier adressé précédemment en mairie ».

 

L’avocat de la partie civile, Me Werthe, a estimé que son attitude avait dû amplifier ses propos : « Il hurlait et gesticulait en parlant de massacre, d’où la peur des agents ».

 

Au parquet, Émeline Herlet estimait en effet que « les menaces proférées étaient bien destinées à impressionner et faire peur en vue d’obtenir ce qu’il veut ». 

 

L’intéressé a donc vu sa sortie de prison être reculée de six mois, malgré ses explications et sa tentative de proférer de nouvelles menaces : 

 

« La France doit me permettre de sortir mes livres. Je suis en France en tant que guerrier et mes livres sont mes armes pour renverser la dictature au Cameroun. Je respecte les décisions de justice mais le jour où je sors de prison, il faut directement me mettre dans l’avion pour que je rentre au Cameroun sinon je vais refaire la même chose. »

 

(via l'Est Republicain )