Jean-Christophe Rufin signe son adieu au Sénégal

Clément Solym - 11.06.2010

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La date est arrêtée au 30 juin, et l'ambassadeur et écrivain Jean-Christophe Rufin ne partira pas avec un large sourire. « Je suis dans un système. Il faut l’accepter ou s’en aller. Donc, je m’en vais », se résigne-t-il.


L'ambassade de France au Sénégal

Après tout, son séjour aura duré trois ans, comme prévu, puisque sa nomination fut annoncée pour le 20 juin 2007, explique-t-il au JDD. À regret un peu, mais avec la conviction d'avoir en tout cas accompli ce qu'il devait faire, tout en tenant bon face aux pressions, notamment celles du président Wade.

Et puis, durant ces trois années, l'écrivain ne s'est pas complètement tu :
J’ai quand même réussi à publier deux livres, dont l’un qui se passe dans la région. J’y parle assez librement de la situation dans cette région. De ce point de vue, je n’ai pas abdiqué ma liberté. Quant à l’expression, c’est simplement une question de canal. L’expression publique d’un diplomate est certes limitée, mais à l’intérieur du système, j’ai toujours été très libre, j’ai toujours dit ce que je pensais.
Dans l'interview publiée par RFI, l'ambassadeur confirme également que Nicolas Normand qui prendra la suite après lui. « Il était déjà pressenti, puisque depuis le 6 avril 2010, depuis la visite qu’avait rendue Karim Wade à l’Élysée, il avait été question –en tout cas dans les comptes-rendus de la presse à l’époque-, du nom de Nicolas Normand... déjà... dès la sortie de cet entretien. Donc je savais qu’il était pressenti. »